Skip to content

Stupeur, psychose et effondrement

Par

Publié le

16 octobre 2019

Partage

© Kevin Grieve – Unsplash

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1571181341277{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Les marxistes prétendaient hier que l’effondrement du capitalisme était inéluctable. Aujourd’hui des écologistes anarchisants promettent l’effondrement de la « société thermo-industrielle ». Quelle foi leur accorder ?

 

 

Comme le pensent certains psychiatres, le contraire de la paranoïa, c’est l’insouciance. Pour autant la paranoïa n’est pas synonyme de clairvoyance (l’obsession n’est pas raison). On doit le néologisme à un savant allemand du XVIIIe siècle, Rudolf Augustin Vogel. Celui qui fut le médecin personnel du roi Georg III s’inspira de l’homonyme grec qui désignait tout simplement « la folie » et « les troubles de la raison ». La sémiologie médicale désigne aujourd’hui par le mot de paranoïa un délire systématisé et cohérent, structuré autour d’un schème dominant (la persécution, la grandeur, la jalousie).

Pour eux, il ne s’agit pas de dire que « la société thermo-industrielle telle que nous la connaissons ne peut pas subsister en l’état », mais de franchir le pas du millénarisme revanchard et de prophétiser : « La société thermo-industrielle va s’effondrer ».

Mais la paranoïa peut être aussi une psychose collective, lorsqu’elle touche par exemple à l’obsession du complot ou de l’effondrement. Si l’on connaît bien la première, la seconde est moins étudiée, bien que l’on commence à évoquer des « troubles anxiogènes liés à la question écologique ». La psychose de l’effondrement est pourtant aussi dommageable pour les esprits que la psychose complotiste. En effet, de même que le complotisme falsifie une simple vérité (« l’histoire est marquée par une multitude d’événements de toute nature, dont des complots »), au profit d’un simplisme asséné comme une vérité (« l’étude de l’histoire révèle que sa vraie nature est d’être faite de complots »), de même, la psychose de l’effondrement confère un caractère inéluctable, catastrophiste et catégorique à une évidence historique. Pour eux, il ne s’agit pas de dire que « la société thermo-industrielle telle que nous la connaissons ne peut pas subsister en l’état », mais de franchir le pas du millénarisme revanchard et de prophétiser : « La société thermo-industrielle va s’effondrer ».

 

Lire aussi : Reportage : Touche pas à ma glu

 

Que tous « modes de vie » aient une incidence plus ou moins soutenable, que l’urbanisation se fasse au détriment des campagnes et que la production de CO2 ait un impact déterminant sur le climat, voilà trois constats de raison que tout esprit serait avisé d’admettre. En revanche, les problèmes écologiques et économiques impliqués sont si nombreux, touchent tant de domaines, qu’un individu normal peut facilement s’en trouver désemparé. Et c’est parce qu’il est inhumain au sens propre de penser seul des problèmes planétaires, qu’une insouciance engagée est nécessaire. Cet engagement peut être radical, qu’importe, il ne doit pas être en tout cas empreint de panique, qui est l’exact inverse de la raison.

La psychose de l’effondrement est ainsi un redoutable instrument de persuasion, qui peut provoquer aussi bien une adhésion pleine de désarroi qu’une dénégation pleine de colère. Ce qui ne favorise pas les débats civilisés.

Au contraire, l’idée fixe, pseudo-scientifique, que « la société contemporaine va s’effondrer », fragilisée par des problèmes écologiques, politiques ou économiques, ne produit le plus souvent qu’une saturation de la psyché, causant un effet traumatique durable et conséquent, qui provoque, comme tout traumatisme, à la fois un besoin d’affiliation (c’est pourquoi on l’utilise dans les cérémonies initiatiques) et un besoin d’explication. La psychose de l’effondrement est ainsi un redoutable instrument de persuasion, qui peut provoquer aussi bien une adhésion pleine de désarroi qu’une dénégation pleine de colère. Ce qui ne favorise pas les débats civilisés.

Au VIe siècle, le pape Grégoire 1er croyait fermement, comme saint Paul, à l’imminence de la fin du monde. Les actions remarquables qu’il entreprit et qui furent à ses yeux, comme le rappelait avec humour Rémi Brague, « qu’une façon de ranger une maison que l’on va quitter », eurent pourtant une incidence sur toute l’Europe, pendant plus de mille ans. Mais c’est que ce pape croyait en Jésus-Christ, et non au dieu Pan.

On devine bien, sous les hardes des prophètes de l’effondrement, un désir, touchant, de rupture et d’utopie. Au VIe siècle, le pape Grégoire 1er croyait fermement, comme saint Paul, à l’imminence de la fin du monde. Les actions remarquables qu’il entreprit et qui furent à ses yeux, comme le rappelait avec humour Rémi Brague, « qu’une façon de ranger une maison que l’on va quitter », eurent pourtant une incidence sur toute l’Europe, pendant plus de mille ans. Mais c’est que ce pape croyait en Jésus-Christ, et non au dieu Pan.

Yrieix Denis

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest