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Dimitri Casali : Des manuels de combat

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Publié le

17 octobre 2019

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À une époque où la sensibilité est exacerbée, la maîtrise du récit historique est un enjeu crucial. Au lieu de se lamenter ou hausser les épaules devant la nocivité des manuels officiels, l’historien Dimitri Casali s’est retroussé les manches pour proposer les siens.

 

 

 

Vous publiez trois nouveaux manuels d’histoire-géographie pour le collège, clairement opposés au politiquement correct qui règne dans ce domaine.

En effet, il a fallu trois ans de travail acharné pour ces « manuels de la résistance » : ils sont les seuls manuels à couvrir l’ensemble de l’Histoire de France, de Clovis à nos jours, sans repentance, ni autoflagellation.

Notre nation est aussi une communauté de rêves partagés. Les héros, l’épopée, les passions font partie de l’Histoire depuis toujours. Il convient de les préserver pour intéresser les élèves. Donner une présence charnelle est fondamental à l’enseignement de l’Histoire.

En quoi ces manuels apportent-ils une vision plus équilibrée de notre histoire que ceux publiés par les maisons d’édition ayant pignon sur rue ?

Ils respectent véritablement le double héritage de l’Histoire de France : chrétien et monarchique, républicain et laïc avec un point de vue équilibré et fédérateur. Ils racontent une histoire (la nôtre), un véritable récit qui éveille la curiosité et l’imagination de l’élève. La faculté d’émerveillement est essentielle pour accompagner l’apprentissage. Notre nation est aussi une communauté de rêves partagés. Les héros, l’épopée, les passions font partie de l’Histoire depuis toujours. Il convient de les
préserver pour intéresser les élèves. Donner une présence charnelle est fondamental à l’enseignement de l’Histoire. Enfin, ils sont les seuls à adopter une progression chronologique, cohérente, mettant en valeur le récit national et nos grands personnages.

 

Lire aussi : Benjamin Demeslay & Gabriel Robin : « Le populisme permet de dépasser l’époque »

 

Il y a donc tant de lacunes dans les programmes enseignés au collège ? Que proposez-vous que l’on ne croise pas ailleurs ?

Par exemple, comment oser parler de l’Histoire de France sans évoquer nos cathédrales comme ils le font ? Que serait la France sans Notre-Dame, Chartres ou Reims ? Les cathédrales de style gothique ont fait la gloire et le rayonnement de notre pays à travers toute l’Europe durant le Moyen-Âge – on parlait d’ailleurs d’« art français » et non pas d’art gothique. Et il n’y a aucune étude de cathédrales dans les manuels Nathan et Magnard… Tout cela s’explique par une volonté affichée de ne pas choquer les nouveaux arrivants, et les enfants d’immigrés de la troisième génération. On constate, et cela depuis le rapport Aubin de 2004, une volonté communautaire de refuser l’héritage chrétien. Pour la période coloniale, je présente également ses aspects positifs : l’œuvre sanitaire et éducative de la France en Algérie, par exemple. Il ne faut pas oublier que la population algérienne est passée de 2 à 10 millions durant la colonisation française, précisément grâce à cette œuvre.

 

Lire aussi : Sonia Mabrouk : L’islam sera chrétien ou ne sera pas

 

Vous n’hésitez pas à parler de « programmes officiels catastrophiques ». N’est-ce pas un peu exagéré ?

Les programmes sont certes tendancieux idéologiquement mais ils sont surtout et avant tout d’un vide intersidéral, d’une telle vacuité qu’ils en sont indigents. Dans le Nathan 5e ou Belin de 5e, on trouve seulement quatre pages sur le règne de Louis XIV, quand en 1980, le Malet et Isaac en comptait plus de cent…

Ils font actuellement la cible d’une campagne de dénigrement hallucinante de la part d’universitaires indigénistes pour qui Lyautey ou de Gaulle devraient être qualifiés de « génocidaires », ce qui en dit long sur la pression à laquelle sont soumis les éditeurs de manuels scolaires qui passent sous leurs fourches caudines…

Une polémique a éclaté au sujet de ces manuels : la violence règne, non ?

Nos manuels sont très contestés et nous devons continuellement nous battre pour les défendre. Ils font actuellement la cible d’une campagne de dénigrement hallucinante de la part d’universitaires indigénistes pour qui Lyautey ou de Gaulle devraient être qualifiés de « génocidaires », ce qui en dit long sur la pression à laquelle sont soumis les éditeurs de manuels scolaires qui passent sous leurs fourches caudines…

 

Propos recueillis par Matthieu Baumier

 

MANUELS D’HISTOIRE-GÉOGRAPHIE CYCLE 4 (5e-4e-3e) Dimitri Casali et André Louchet Fondation Aristote & les éd. du Centurion 75,96 € les trois.

 

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