[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1572925398214{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Etonnante stabilité allemande. Après le règne de Kohl (1982-1998) et le septennat Schröder (1998-2005), « Angélique » Merkel inaugure sa quinzième année au pouvoir. Ironie de l’Histoire, c’est à elle que revient l’honneur de fêter les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Mouvement populaire auquel elle n’a pas participé ; préférant taire ses opinions plutôt que de compromettre sa carrière de fonctionnaire de la RDA. Ce n’est qu’en décembre 1989 et surtout en 1990 qu’elle se décide à participer à la démocratisation de l’Allemagne de l’Est, avec un succès foudroyant.
On sait que l’histoire est écrite par les vainqueurs et les puissants. La photo des deux ministres des affaires étrangères, le Hongrois Gyula Horn et l’Autrichien Aloïs Mock, cisaillant le rideau de fer près de Sopron, le 27 juin 1989, a été oubliée. On préfère célébrer l’image des jeunes Berlinois montés par-dessus le mur de graffitis. Mais quand il tombe, beaucoup d’Allemands sont déjà passés à l’ouest, via la Hongrie qui a ouvert les vannes avec l’accord de Gorbatchev. Le 16 juin 1989, le jeune Viktor Orban, cofondateur du Fidesz dès 1988, fait un discours anticommuniste devant 250 000 personnes en plein Budapest. Qui s’en souvient ? La IVe République hongroise fut proclamée le 23 octobre 1989 après la défaite du Parti socialiste ouvrier hongrois aux élections législatives partielles de l’été 1989. Signe des temps, on célèbre aujourd’hui la réunification allemande plus que la fin du pacte de Varsovie.
L’alliance atlantique est tombée dans le piège, entraînant ses forces dans des « guerres humanitaires » inutiles et stériles, en Afghanistan, en Libye, en Irak, au Kosovo, etc. Elle a humilié la Russie eltsinienne plaçant ses pions jusqu’aux portes de Saint-Pétersbourg et jusqu’à la mer Noire.
Mais le problème n’est pas tellement que l’Allemagne ait recueilli les lauriers de la fin de la Guerre froide décidée par Gorbatchev. Le problème est que la Russie ait privé l’OTAN de son meilleur ennemi. Comme à son habitude, la Russie affaiblie s’est repliée vers l’est. Elle a épuisé son adversaire avec le temps et l’espace comme elle le fit jadis avec Napoléon, Guillaume II et Hitler. L’alliance atlantique est tombée dans le piège, entraînant ses forces dans des « guerres humanitaires » inutiles et stériles, en Afghanistan, en Libye, en Irak, au Kosovo, etc. Elle a humilié la Russie eltsinienne plaçant ses pions jusqu’aux portes de Saint-Pétersbourg et jusqu’à la mer Noire. Pendant ce temps, la Russie pliait et attendait. Le moment venu, elle pourrait remettre de l’ordre dans ses affaires et cesser de reculer.
Lire aussi : La déchirure
En 1999, la Tchétchénie est un tournant. Désormais, Moscou se sent plus fort. Elle réarme et nous sommes fatigués. Ses systèmes de défense antimissile sont redoutés. Elle reprend ses positions traditionnelles en Syrie, en Crimée, en Ukraine et dans le Caucase. En Europe centrale, la Russie retrouve du crédit en Hongrie et en Slovaquie. Elle noue un partenariat stratégique avec la Chine. Aussitôt, l’occident crie au retour de l’ogre russe, au complot du FSB et à l’invasion de Russia today, comme si les sbires de Poutine allaient débouler à Varsovie et occuper le Champ de Mars.
Gorbatchev a été méprisé pour sa faiblesse. Aujourd’hui Poutine est surestimé pour son sens tactique et son autorité.
« La Russie n’est jamais aussi forte ou aussi faible qu’on le croit », disait Bismarck avec justesse. Le cliché du colosse russe aux pieds d’argile est tenace. Gorbatchev a été méprisé pour sa faiblesse. Aujourd’hui Poutine est surestimé pour son sens tactique et son autorité. Quand regarderons-nous la Russie avec un peu de sang-froid ?
Hadrien Desuin
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





