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Huysmans ressuscité : entretien avec Agnès Michaux
Dès le départ, saviez-vous vers quel type de biographie vous dirigiez-vous ?

La biographie universitaire m’est impossible. Je ne suis pas contre l’existence de telles biographies, qui m’ont souvent aidé, mais ce que je suis m’empêche d’en écrire une. Je ne pense pas que l’on puisse approcher véritablement un être humain de cette façon. Contrairement aux critiques que je lisais dans ma jeunesse, j’ai toujours aimé connaître la vie des auteurs. Mon choix s’est dirigé vers Huysmans, et je me suis plongé avec passion dans sa vie et son œuvre. Pour tout dire, j’ai eu le sentiment d’avoir vécu avec lui pendant de nombreux mois. [...]
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Maria Pourchet est-elle surcotée ? Non
Depuis quelques années, Maria Pourchet règne sur les rentrées littéraires avec des titres souvent cinglants : Les Impatients, Feu, Western, ce mois-ci : Tressaillir, et des sujets contemporains sur l’amour au temps de MeToo, la condition féminine, le carriérisme, et, dans Tressaillir, la rupture moderne évoluant vers un trajet initiatique. Tout cela pourrait sembler opportuniste et tapageur. Mais les livres de Maria Pourchet sont au contraire pertinents et acérés. Ses sujets révèlent des questions éternelles dans des configurations inédites ; son style s’en empare avec une force singulière. Tressaillir évoque la rupture et ce qu’elle implique de vertige. Loin des lieux communs sur la battante autonome maîtresse de sa vie, Maria Pourchet explore avec Michelle, espèce de double qui travaille comme autrice pour la jeunesse, le séisme que déclenche la décision subite de quitter le foyer, après la dispute de trop. Rongée de culpabilité et de manque (sa fille est restée dans l’ancien appartement familial), Michelle est prostrée dans une chambre d’hôtel où elle mesure peu à peu toutes les dimensions – sociale, financière, parentale, amoureuse et existentielle – que son départ a bouleversées, la laissant dans une profonde crise intérieure. « Se surprendre sur le marché de la troisième main à trier les pas finis des pas nets, songer mon Dieu je pourrais terminer avec un type pareil. Car à mon âge, quand on retrouve, c’est pour commencer à finir. » Son agent et amie lui prend de force un rendez-vous chez un psychanalyste et Michelle, livrée à son trouble et à elle-même, commence un circuit introspectif périlleux tout en réinventant son quotidien. [...]
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« Deux Pianos » de Desplechin : remariage hystérique
Un pianiste déclassé retourne donner un concert dans sa ville natale où il tombe inopinément sur son amour de jeunesse. À ses risques et périls, le romanesque a souvent été vu par Arnaud Desplechin comme une planche de salut. Deux Pianos est ainsi une fiction de la seconde chance, une dramédie de remariage avec suspense professionnel et haute intensité à tous les étages (une caméra presque « Dogme » hoquète tout du long). [...]
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« Marcel et Monsieur Pagnol » : hagiographie dessinée
Fruit d’un travail titanesque, cette hagiographie animée de l’écrivain Marcel Pagnol effraie par son ambition : hommage au cinéma, réflexion sur la mémoire, récit d’une vie qui traverse 60 ans d’histoire. On sent que même Sylvain Chomet est impressionné par son sujet et on aimerait qu’il se serve davantage des moyens que donne l’animation pour tordre le récit au gré de ses fantasmes. [...]
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Jean-René Van der Plaetsen : nostalgie française
Durant la soirée qui suit notre entretien, Jean-René Van der Plaetsen me montre la photographie de son grand-père, Jean Crépin, en uniforme américain, toisant, le regard brûlant, un officier nazi à la mâchoire contractée par la haine. « C’est lui qui a libéré le Luxembourg », déclare-t-il au sujet de ce glorieux ascendant, comme pour légender l’image. Le jardin parisien, pas le minuscule État, bien sûr. Mais enfin, voilà qui en jette tout de même. Ce grand-père joua en effet un rôle décisif durant l’épopée du Général Leclerc dont il fut l’un des plus fidèles compagnons. Ces faits ont inspiré à Van der Plaetsen le thème de son premier roman : La Nostalgie de l’honneur, prix Interallié et Jean Giono 2017. Des débuts tardifs en littérature (55 ans), mais à plusieurs médailles. Une figure qui lui inspire aussi sa propre vocation militaire : avant de devenir journaliste au Figaro, le petit-fils de Crépin a en effet été chasseur alpin au 7e bataillon puis Casque bleu au Liban. « Les moments les plus intenses de ma vie ! » me confie-t-il, l’œil brillant, et pas uniquement à cause du cinquième verre de Pic-Saint-Loup. Cette expérience directe du fait militaire lui inspirera son second roman, Le Métier de mourir, paru en 2020. La guerre, l’honneur, chez lui, ce n’est pas que de la littérature. [...]
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Jan Kounen, Cédric Jimenez, Ugo Bienvenu : la SF peut-elle réveiller le cinéma français ?
Au milieu des années 70, la science-fiction se porte à merveille en France. Du moins en bande-dessinée. Grâce au flair de René Goscinny, notamment : à la tête du magazine Pilote il sent déjà que le vent tourne et que les « petits Mickeys » sont en train de fonder toute une culture alternative. Il donne sa chance à Jean-Claude Mézières (Valérian), Bilal (Le Cycle Nikopol) et évidemment à Moebius, qui passe sans sourciller du western de Blueberry à la science-fiction métaphysique et burlesque, son Garage Hermétique. Hollywood plagie tous ces braves gens allègrement – Mézières n’aura jamais gain de cause et devra se contenter de voir ses concepts brillamment repompés par Georges Lucas dans Le Retour du Jedi, d’autres comme Moebius auront plus de chance et seront appelés à Los Angeles pour travailler comme « concept artists » auprès des studios. Quelques années plus tard, le magazine Métal Hurlant, lancé par les pionniers de la SF Phillippe Druillet et Jean-Pierre Dionnet, entérine cette french touch avec un esprit caustique et une créativité constante qui inspirent le monde entier. Le problème, c’est que le cinéma français ne suit pas : les films de SF hexagonaux qui ont marqué l’histoire se comptent sur les doigts de la main, et privilégient souvent une vision « films d’auteur » avec plus ou moins de succès (voir l’échec artistique d’Alphaville saboté par le fumisme d’un Godard à bout de souffle). Comme si, au fond, personne en France, ni producteur ni réalisateur, ne se croyait capable de faire du genre pur. Et il faut dire que la frilosité du public face à certaines vraies réussites (La Cité des Enfants Perdus) ne donne pas vraiment envie aux producteurs de relancer leurs mises. Leur mantra sera : mieux vaut s’arrêter à ce qu’on sait faire – de la comédie de mœurs, du drame social – et laisser aux Américains la primauté des films à effets spéciaux. Quoi qu’on en dise, Luc Besson sera l’un des rares Français à oser quelques purs films de SF, mais là encore, c’est la loterie : l’échec abyssal du pourtant pas si mauvais Valérian montre bien que la french touch, ça ne prend pas au cinéma. Cet automne peut-il changer la donne ? [...]
« Tron : Arès » : lost in the Shell

La machine hollywoodienne sortira-t-elle un jour de la matrice des années 80 ? C’est toute la question que pose ce troisième opus de la franchise Tron, initiée en 1982 et déjà sous la houlette de Disney Pictures. Un film qui avait marqué les esprits, à l’époque où Disney se voulait encore prescripteur en matière d’audace visuelle et technologique. Presque vingt ans avant Matrix, Tron évoquait la « grille » (« the grid » en VO) soit un univers virtuel dans lequel les personnages étaient plongés, via des effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque (et une D.A somptueuse en partie assurée par notre Jean Giraud-Moebius national). La suite, Tron : L’héritage, réalisée en 2010 par Joseph Kosinski, restera surtout dans les mémoires pour sa musique signée Daft Punk (et pour une Olivia Wilde tout à fait à son avantage dans l’uniforme moulant des spadassins numériques).

En lançant ce projet de 3ème volet, Disney mise beaucoup (près de 200 millions de dollars, tout de même, une paille) et compte sur cette éternelle nostalgie des années 80 qui semble encore gouverner toute l’industrie du divertissement.…

« Berlinguer, la grande ambition » : nostalgie rouge
Mal connu chez nous, le secrétaire général du PC italien Enrico Berlinguer était un homme pragmatique et révéré (à sa mort en 1984, un million d’Italiens suivirent son cortège funèbre.) Le biopic d’Andrea Segre, sous-titré La Grande Ambition, en a un peu moins avec sa reconstitution discrète grignotée par un abus d’archives réelles ou recréées. [...]
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