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FEDERICO FELLINI ÉCRIVAIN CINÉMATOGRAPHIQUE
L’Europe de Brussel. Parce qu’il y a une autre Europe que celle des technocrates, Samuel Brussell nous présente chaque mois l’un des écrivains qui en perpétuent le génie. Il est des livres qui créent une rencontre magique : il suffit de les laisser parler, de cueillir une à une les répliques et la créature sort vivante de la glaise. Le livre de Rita Cirio sur Fellini est de ceux-là. Les 256 pages de cet album de conversations donnent toute la dimension du poète-cinéaste, du maestro romain, venu de Rimini, qui déclarait à son ami l’acteur Sordi, quand tous deux mouraient de faim et rêvaient de faire du cinéma : « Un jour, Alberto, tu verras, je serai le plus grand cinéaste au monde ». Il ne mit pas longtemps à le devenir. Fellini est une source d’inspiration pour tout amoureux de la littérature. Rita Cirio fait parler le phénoménal raconteur d’histoires sur tous les sujets. L’inamovible patron de la Démocratie-Chrétienne lui-même, Giulio Andreotti, fait une brève apparition dans ces pages : « Ne pas faire confiance est un péché, dit le grand cynique de la politique italienne, mais on y prend goût. » La sublime Anna Magnani, symbole de Rome, fixant effrontément la caméra dans le film Fellini Roma, dira elle aussi : « Je n’ai pas confiance, Federì… » Tout le cinéma de Fellini est une immense conversation, où la même histoire, inépuisable, l’histoire de la vie, est reprise et racontée, puis recréée à l’infini, comme dans Les Mille et Une Nuits. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Tristan Garcia : la fresque impossible
Après avoir écrit des romans, des nouvelles, de la philo, de la SF, Tristan Garcia se lance dans le péplum métaphysico-civilisationnel. Mégalo, lui ? Tristan Garcia est doté d’une qualité précieuse pour un romancier : il possède une imagination galopante, débordante même, qui semble lui rendre incroyablement facile d’inventer des histoires, des histoires de toutes sortes et de tous les genres. Lire aussi : L'éditorial de Jacques de Guillebon : Face à face De fait, il est doué dans tous les registres : récit réaliste ou sciencefiction, roman ou nouvelle, et même roman par nouvelles comme dans 7, prix du Livre-Inter en 2016. Sans compter ses travaux de philosophe (il publie justement le mois prochain chez Léo Scheer un épais recueil d’essais, Kaléidoscope). La [...] Suite dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Immortel David Bowie : la grande rétro
David Bowie semblait immortel. Éternellement jeune, éternellement élégant, éternellement créatif. Il s’en est pourtant allé il y a tout juste trois ans un 10 janvier 2016, laissant derrière lui une œuvre colossale. Son parcours personnel se confond avec les cinquante dernières années de l’histoire occidentale. Mieux que quiconque, David Bowie comprit la transformation du domaine culturel en une industrie de divertissement de masse. Plutôt que de subir la société du spectacle, il sut la confronter, l’utiliser et la défier. Son approche était totalitaire, totalisante, comme pour mieux interroger l’entreprise d’hébétude de la culture de masse.   Bien plus qu’un simple chanteur pop, David Bowie était et restera un artiste iconique de son époque. Un artiste qu’il serait difficile de réduire à la seule musique rock anglaise d’exportation mondiale depuis les années 1960 jusqu’à nos jours. David Bowie explose le cadre dans lequel il est apparu. Homme influencé par les artistes de son temps (citons Lou Reed, Iggy Pop, Peter Hammill du groupe Van Der Graaf Generator, King Crimson ou bien encore la musique noire américaine de ces années là), David Bowie fut aussi une influence pour de nombreux mouvements de la fin des années 1970.
Bertrand Burgalat « La techno a suivi un chemin institutionnel en musique »
D’aucuns le surnomment le « Phil Spector français » : musicien, producteur et arrangeur de génie, Bertrand Burgalat, 55 ans, également patron du label Tricatel, a travaillé avec des artistes aussi divers que Depeche Mode, Marc Lavoine ou Laibach. Vous êtes connu pour avoir travaillé avec des artistes de musique bruitiste (ou industrielle) comme Einstürzende Neubauten ou Laibach dans les années 80… Dans le cas de Laibach, c’était d’abord le contexte politique de la Yougoslavie qui m’intéressait, et leur façon très particulière de s’opposer au pouvoir en place. Je connaissais les expériences des futuristes italiens et de Jean-Marc Vivenza ou Test Department, qui les prolongeaient, mais mes goûts personnels étaient plus « tonaux ». C’est pourquoi mon travail à leurs côtés ou mes arrangements pour Einstürzende Neubauten sont demeurés assez éloignés de leur bruitisme originel. Récemment, Jean-Michel Jarre a déclaré que la France était le véritable berceau de la musique électronique. Qu’en pensez-vous ? La Fête des Belles eaux, composée en 1937 pour six ondes Martenot par Olivier Messiaen, annonce en effet les shows impressionnants de Jean-Michel Jarre. Donné devant une foule immense face au Trocadéro, pour un spectacle de jeux d’eaux et de feux d’artifice, on peut dire que ça a été le premier concert géant de musique entièrement électronique. Mais il y a eu des pionniers partout, comme le thérémine en Russie. En France, des compositeurs plus récents, comme Luc Ferrari (« Programme commun ») ou Bernard Parmegiani (son sonal pour Roissy est un chef-d’œuvre de trois secondes) méritent d’être écoutés attentivement. L’électro française s’est exportée à l’étranger dans les années 90 à travers ce qu’on appelle la « French Touch ». Quel regard portez-vous sur ce courant ? Les Anglo-saxons, et en particulier les Anglais, ont longtemps considéré la pop française avec la même condescendance que celle que nos cuisiniers peuvent éprouver à l’égard de leurs collègues d’outre-manche. Les seuls genres qu’ils acceptaient de nous concéder étaient les musiques de boîte de nuit ou d’ambiance. Les succès de Daft Punk et de Air ont prolongé ceux de Cerrone et de Jean-Michel Jarre. Mais il est arrivé un moment où le rock anglais a sombré dans l’autosatisfaction et le recyclage avec des groupes comme Oasis. Cela a permis de s’émanciper de certains complexes. Autrefois sulfureuse, la techno est devenue largement mainstream, bénéficiant de médias spécialisés et de festivals ayant pignon sur rue. Quelle est votre opinion sur cette évolution ? Il est difficile d’aborder cette question sans évoquer Philippe Muray, qui est un peu le point Godwin en la matière. La techno a suivi le chemin institutionnel du rock, du jazz et d’à peu près toutes les formes d’expression. Les maires, qui interdisaient les rassemblements rock il y a cinquante ans, se battent désormais pour accueillir des festivals de rock satanique… (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Barbarossa Umtrunk : Tradition futuriste
One-man band, Barbarossa Umtrunk évolue entre musique industrielle et dark ambient. L’homme qui se cache derrière ce projet obscur, Baron von S., nous répond au sujet de ses orientations musicales et de ses influences philosophiques. Quelles sont les sources d’inspiration de Barbarossa Umtrunk ? Barbarossa Umtrunk a vu le jour il y a une dizaine d’années, alors que la scène industrielle, martiale et néofolk vivait son âge d’or, dans le sillage de formations cultes comme Der Blutharsch, Les Joyaux de la Princesse, Dernière Volonté et Blood Axis. Cette scène s’est ensuite essoufflée. C’est-à-dire ? J’ai pu observer de l’intérieur durant dix années l’évolution de cette scène singulière, souvent boudée du grand public à cause de son esthétique sulfureuse. Les préjugés négatifs se sont néanmoins atténués grâce au succès de séries télévisées comme Vikings qui ont fait découvrir au grand public des groupes comme Wardruna, Chelsea Wolfe et King Dude, groupes qui ont alors dépassé complètement l’audience de certains cercles restreints. Le Dark Ambient fourmille de formations nouvelles et s’est démocratisé à l’ère d’Internet, mais l’originalité des débuts s’est perdue.
À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT
Un octogénaire en transporteur de drogue, deux réalisateurs qui s'approprient l'inénarrable Jean Lassalle, Omar Sy qui se réenracine au Sénégal, le quotidien des médecins ou une mère indigne qui tente de se racheter... Que faut-il voir ou fuir au cinéma cette semaine ?
La petite goutte
Tout fout le camp ici-bas : dans la course aux liqueurs et aux alcools, voilà que la France consomme davantage de whisky que l’Angleterre et les Anglais boivent davantage de cognac que nous. Ainsi notre beau terroir sert à étancher la soif d’outre-Manche. Heureusement, Ricard se rattrape en possédant un grand nombre de distilleries écossaises. Curieuse mode qui consiste à consommer des alcools aussi forts en apéritif et non pas en digestif. Le palais est anesthésié pour apprécier la subtilité des mets et prendre une boisson aussi forte à jeûn met rapidement du vent dans les voiles. Cognac et armagnac en revanche n’ont pas réussi à s’imposer à l’apéritif, d’où leur baisse de consommation, car on ne prend plus guère de digestif depuis qu’il est interdit de rouler gris. Pourtant, un cognac VS a toute sa place à l’apéritif. Agrémenté d’eau de Seltz ou de tonic, cela fait une délicieuse fine à l’eau qui ouvre l’appétit sans mettre un coup dans l’aile. Pour ceux qui veulent des saveurs originales sans trop d’alcool, il est possible de revenir aux grands vins cuits et aux liqueurs consommées tout au long du XXe siècle. Leur image a vieilli et a pris la poussière ; cela fait un peu trop boisson de papy. Raison de plus pour s’en remettre à leurs saveurs. L’amaro par exemple, un amer italien de la région de Milan. La gentiane, plus connue sous la marque Suze, fameuse plante des montagnes à l’amertume prononcée. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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« Et une bèèèèlle journée ! »
L’insupportable bêlement qui accompagne maintenant non seulement les vœux, mais aussi les salutations quotidiennes, a de quoi surprendre et lasser. « Bèèèèlle année »… « bèèèèlle journée »… entend-t-on ou lit-on en permanence depuis quelque temps, et ce que l’on prenait au début pour une erreur se propage comme une traînée de poudre, au point que l’on se demande si l’on va bientôt dire « beljour » ou « beaujour » à la place de « bonjour ». Effet de mode ? Sans doute, et un tel comportement moutonnier est en effet somme toute logique pour un bêlement, mais pas seulement, et il serait intéressant de se demander ce que nos contemporains mettent derrière ce choix.

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