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Éloge du temps long.
L’incendie dramatique qui a en partie ravagé la Cathédrale Notre-Dame de Paris et dont on ignore encore les causes (accidentelles, liées à quelque négligence, criminelles ? bien malin ou manipulateur qui peut à ce jour prétendre avec certitude connaître la réponse ou en écarter certaines), a produit un effet de souffle peu commun dans notre histoire récente. Certains, suffoqués, ont comparé ce qu’ils ont ressenti à la sidération devant l’attentat du World Trade Center. Quelles que soient les éventuelles différences de situation en l’espèce, ils n’ont pas tort : nous étions tous, à travers le monde entier, en état de stupéfaction face à une sorte d’impensé de la destruction des piliers de nos humanités, de nos rêves, de nos ambitions démesurées, de nos intemporalités, de nos prières, lancées vers le Ciel comme autant de grâces rendues, certes, mais aussi de défis nous permettant, en quelque sorte, de nous survivre à nous-mêmes à travers le temps, de nous construire nous-mêmes en tant qu’humanité, citius altius.
Recours au poème : Monseigneur Barbarant
Le Barbarant nouveau est arrivé. À ses somptueuses Odes dérisoires, parues d’abord chez Champ Vallon puis récemment dans la collection Poésie/Gallimard, succède Un grand instant. Barbarant se distingue par ses poèmes de toute la poésie actuelle en ce qu’il a choisi la forme longue pour répondre à la mode du poème pressé de souffle court. Odes, élégies, il actualise avec une inspiration de toute beauté ces formes anciennes méritant toute notre attention. Dans ce dernier recueil affleure toujours son lyrisme subtil, son attention aux êtres et aux choses fondus dans l’émotion d’un quotidien rehaussé par le poème. L’amateur de Barbarant y retrouvera sa voix merveilleuse, son humour en distance, sa mélancolie masquée sous des airs de fausse légèreté. Ou de vraie légèreté, qui sait ? Il y découvrira aussi une poétique du corps. Peut-être même un chant (...) Lisez la suite dans le dernier numéro de L'Incorrect, disponible en kiosque et par abonnement !
Nicolas Briançon : « Être caméléon m’amuse »
Directeur du festival d’Anjou, metteur-en-scène de Feydeau, Guitry ou Shakespeare, est aussi connu du grand public pour son rôle dans la série Engrenages. Il joue en ce moment Le Canard à l’orange de William Douglas Home, un vaudeville décapant qu’il a lui-même mis en scène. Nous l’avons rencontré au Théâtre de la Michodière, où il a répondu à nos questions sur scène, installé sur un canapé Chesterfield, l’œil brillant et l’air malicieux.
Déculturation Massive
SOS Racisme fête cette année son 35e anniversaire. Le recul historique aidant, il apparaît désormais que cette association d’obédience socialiste fut avant tout une arme de déculturation massive, et la jeunesse française sa principale victime. Sous couvert de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et toutes-les discriminations, il s’agissait d’adapter de force la psyché nationale au multiculturalisme auquel elle demeurait rétive d’instinct. « Un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas jeter dans les poubelles de l’histoire » rappelle souvent Renaud Camus pour qui « la Grande Déculturation » fut le préalable nécessaire au « Grand Remplacement ». Les moyens employés furent sordides mais d’une grande efficacité : recours systématique à la reductio ad hitlerum, rituelle convocation des « heures les plus sombres », racialisation de la question sociale, pratique éhontée du double bind à l’échelle collective (promotion « en même temps » du différentialisme et de l’assimilation ; affirmation simultanée de la non-existence des races et de leur égalité, etc.) ; par suite, la haine de la France s’institutionnalisa, le roman national fut mis en charpie, les notions mêmes d’histoire, de généalogie, de nation, de tradition se chargèrent d’opprobre ; enfin, par extension (...) Lisez la suite dans le dernier numéro de L'incorrect, disponible en kiosque et par abonnement !
Top chef : un programme politique ?
La petite lucarne… Pour beaucoup, c’est un passe-temps honteux, une source d’information contrainte, voire une machine à l’abrutissement des masses qui aurait contribué à la destruction des liens sociaux au tournant des années 1960. Il y a du vrai dans ces jugements, mais tout n’est pas à jeter, y compris dans la télévision de pur divertissement. Ainsi de Top Chef sur M6 qui en est à sa dixième saison. Osons le dire, l’émission est même de salut public. Oui, Top chef est une émission de « télé réalité » diffusée sur la chaîne qui a importé le concept en France avec la première saison de Loft Story. Mais ce n’est pas que ça, c’est aussi un programme qui véhicule des valeurs extrêmement positives : mérite, compétition saine, travail d’équipe, art gastronomique, patrimoines immatériels régionaux. Top Chef a beaucoup apporté depuis sa création, rendant l’apprentissage « sexy » et faisant du chef cuisinier un artiste aux yeux du plus grand nombre, valorisant des métiers de l’ombre dont les rares vedettes étaient alors un peu poussiéreuses. Quel petit garçon rêvait d’être meilleur ouvrier de France des étoiles plein les yeux avant la diffusion de cette compétition de cuisine pour jeunes professionnels ambitieux ?

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