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Dante peut-il chanter en français ?

Sept cents ans après la mort du génie florentin, de nombreuses publications promeuvent son chef-d’œuvre auprès d’un public français qui l’aurait longtemps sous-estimé hormis durant la période romantique.

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D’après la spécialiste Jacqueline Risset, la fortune de Dante en France serait « l’histoire d’une absence ». La publication d’une préface inédite et somptueuse du grand D’Annunzio à une édition française de La Divine Comédie (Dant de Flourence, Arcadès Ambo) se lit comme une formidable introduction au « précurseur du grand esprit occidental, comme le prophète inconscient de la future unité latine, tout éclairs même quand il est trouble, tout amour même quand il hait, toute ferveur, même quand il se trompe ». Une mésestime qui s’explique entre autres par le geste de François Ier jetant le livre de Dante après avoir lu que son aïeul Hugues Capet y était décrit comme « le fils d’un boucher de Paris ».

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Même si Christine de Pisan a révélé l’œuvre aux Français à la jonction du XIVe et du XVe siècle, ceux-ci, jaloux et vaniteux, eurent tendance à ignorer cet Homère italien, que les romantiques ne leur redonnèrent à lire qu’à travers L’Enfer. Alors que Michel Orcel publie sa nouvelle traduction du Paradis et achève une entreprise qui reçut la bénédiction du regretté Philippe Jaccottet, il vient nous expliquer, après l’avoir prouvé, comment Dante pourrait chanter en français. Usant d’une versification donnant à entendre en français le rythme du poème toscan, osant des archaïsmes adéquats et des néologismes copiés sur ceux de Dante, il parvient à restituer l’aspect torrentiel du texte le plus éblouissant de la littérature mondiale. Propos recueillis par Romaric Sangars.

Oui. Même si beaucoup de traductions actuelles en font douter.

C’est une sorte de configuration stellaire qui m’a soudain révélé le devoir que j’avais de rendre justice à Dante en français. Cette configuration relève à la fois : de ma soif de grandes entreprises ; de ma longue pratique de la traduction des classiques italiens ; de mon retour en France après une longue station en terre d’islam ; de l’amitié et de la confiance que me porte ce merveilleux éditeur (grand connaisseur de Dante) qu’est Florian Rodari ; de l’approbation de Philippe Jaccottet ; mais, plus radicalement encore, c’est à la fois l’irritation extrême que j’ai éprouvée en relisant ou découvrant les traductions qui circulent actuellement (Vegliante, Ceccaty, Robert) et mon retour à une vision chrétienne du monde que je dois sans doute d’avoir osé m’approcher amoureusement de ce massif de la pensée et de la poésie qu’est la Divine Comédie. [...]

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