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Pour l’abbé Loiseau, les chrétiens ne peuvent se soustraire au devoir d’annoncer l’Évangile à ceux qui ne partagent notre religion, notamment les musulmas. Un devoir qu’il met en pratique au quotidien dans sa communauté.
Vous avez fondé une communauté, les Missionnaires de la miséricorde divine, dont l’une des missions est d’évangéliser les musulmans par le message de la miséricorde. Pourquoi?
Je pense que c’est vraiment par le message de la miséricorde que l’on pourra toucher le cœur des musulmans. La notion de miséricorde est différente chez les musulmans et chez les chrétiens. Pour un musulman, la miséricorde n’est pas un pardon qui redonne à la personne sa dignité totale. C’est avant tout une purification par rapport à la loi.
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Beaucoup de musulmans souffrent d’une inquiétude par rapport au salut. La notion chrétienne de la miséricorde, bien loin de tout aspect rituel, vient rappeler que le salut est offert par le Christ à tous les hommes, pourvu qu’ils ouvrent leur cœur.
Comment procédez-vous et quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Nous faisons des évangélisations de rue et de plage, puisque nous sommes situés à Toulon, ainsi que des missions de porte-à-porte dans les immeubles. Nous ouvrons aussi largement les portes de notre église située en plein quartier musulman. Enfin, nous faisons des processions et chapelets publics qui montrent la dimension sociale du christianisme et son implantation dans le quartier.
Tout ce que vous n'osiez pas dire. Tout ce que vous pensiez tout bas. Tout ce que vous soupçonniez. Tout y est.
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Quant aux rencontres avec les musulmans, elles se font facilement parce qu’ils n’ont pas de « respect humain » pour parler de religion. Il est donc aisé de nouer des contacts avec eux sur un tel sujet. La rencontre débouche souvent sur une relation d’amitié que nous voulons désintéressée. C’est-à-dire que même si nous avons toujours à cœur de leur annoncer le Christ, nous proposons notre amitié gratuitement aux musulmans que nous rencontrons, sans la conditionner à leur conversion, puisqu’à la fin, c’est Dieu qui touche les cœurs.
Mais il est important de rendre compte de notre foi et de rétablir la vérité sur le christianisme qu’ils considèrent comme une hérésie et une religion de faiblesse.
Quel est votre bilan après plus de dix années d’existence de votre communauté ?
Je ne pourrai évidemment pas vous dire dans quelle mesure ce travail a porté des fruits et débouché sur des conversions, d’abord parce que cela se fait souvent dans le secret de la conscience, et ensuite parce que nous ne sommes pas dans la recherche du chiffre, à l’inverse de certaines communautés évangéliques. Nous voulons des rencontres authentiques qui touchent les cœurs, à l’inverse de toute démarche commerciale.
L’enseignement social de l’Église a toujours considéré que l’immigration ne devait pas mettre en péril le patrimoine matériel et spirituel du pays d’accueil. Abbé Loiseau
Il est par ailleurs indispensable d’être prudent lorsqu’on évoque des conversions parce que les personnes qui font cette démarche risquent parfois leur vie. Nous avons chaque année des demandes de baptême mais nous restons discrets à ce sujet, pour protéger les familles qui viennent à nous.
N’y a-t-il pas eu une certaine dérive dans le dialogue inter-religieux tel qu’il fut mené dans l’Église depuis quarante ans, où l’on ne sent plus la volonté d’évangéliser les membres d’autres religions?
Une certaine conception du dialogue inter-religieux n’a effectivement pas toujours été fidèle au Magistère sur ce plan. C’est le cas notamment lorsque le dialogue devient à lui seul la finalité de la rencontre : on se voit pour dialoguer en mettant sous le boisseau l’annonce de l’Évangile, comme le requiert pourtant le texte magistériel Dialogue et annonce: réflexions et orientations concernant le dialogue interreligieux et l’annonce de l’Évangile, publié en 1991 par le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux.
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Cette vision d’un dialogue sans annonce a été formellement condamnée par le pape Jean-Paul II dans Redemptoris missio (1990) et Dominus Iesus (2000). Nous sommes tous invités à évangéliser les personnes qui ne connaissent pas encore le Christ.
La question de l’islam concerne aussi celle de l’immigration puisque de nombreux arrivants sont musulmans. On a l’impression que l’Eglise prêche l’accueil inconditionnel des migrants sans se soucier de leur culture, de leur religion, de leur capacité à s’intégrer dans la société du pays d’accueil et de la déstabilisation potentielle de celle-ci. Que répondez-vous?
Il faut distinguer le secours immédiat que l’on doit apporter aux migrants en détresse au nom de la charité la plus élémentaire, de l’accueil effectif des personnes sur le moyen et long terme. L’enseignement social de l’Église a toujours considéré que l’immigration ne devait pas mettre en péril le patrimoine matériel et spirituel du pays d’accueil et qu’il était, en conséquence, légitime pour un État de la soumettre à un certain nombre de restrictions en vue de préserver le bien commun.

Comme le précise le Catéchisme de l’Église catholique, « les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges » (n° 2241).
Il n’existe donc pas de droit inconditionnel à l’accueil des migrants pour un catholique. Par ailleurs, il faut agir en amont afin que les migrants n’aient plus à être déracinés de leur pays et contraints de le fuir, parfois au risque de leur vie.
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Cela signifie, en pratique, lutter contre tous ceux qui font de l’immigration un business, notamment les passeurs. J’ajoute enfin que l’assimilation des musulmans serait plus facile à obtenir si nous avions une identité nationale forte, enracinée dans son héritage chrétien. C’est donc à nous qu’il appartient de redevenir ce que nous sommes en profondeur.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





