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Combien de musulmans en France ? La question paraît taboue aujourd’hui parce qu’elle mettrait le doigt sur une réalité qu’on cherche à occulter. Il est pourtant urgent d’y répondre si l’on veut prendre la mesure de l’islamisation de la France.
Il est difficile d’obtenir des chiffres officiels sur le nombre de musulmans, car les statistiques sur ce type de sujet sont interdites en France : la loi de 1978, dite « Informatique et libertés », dispose qu’« il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses (…) de celles-ci ». Ensuite, c’est la nature même de l’islam qui empêche de telles études. Ni tout à fait religion ni tout à fait système politique, l’islam ne distingue pas clairement les pratiquants de ceux qui sont juste imprégnés de culture musulmane, cette distinction étant elle-même d’origine occidentale, ce qui rend l’islam inintelligible pour la culture européenne. Comme l’écrivait en 2004 Hervé Vieillard-Baron, « il semble impossible d’avoir une approche scientifiquement incontestable dans ce domaine qui déborde la stricte rationalité ».
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Pour ces raisons, nous proposons de désigner comme musulman toute personne vivant dans la culture islamique et n’ayant pas formellement exprimé ne pas être musulman. Cette définition permet d’intégrer des personnes qui ne sont pas nécessairement pratiquantes, mais qui valident les traditions et mœurs civiles de l’islam, comme le port du voile, la consommation de viande halal ou encore l’interdiction du porc et de l’alcool. Cette population difficile à cerner doit impérativement être comptée dans les statistiques parce que c’est elle qui décidera du basculement de la France dans l’islam, c’est-à-dire du moment où l’islam sera assez puissant démographiquement pour paralyser la démocratie au niveau électoral.
Tout ce que vous n'osiez pas dire. Tout ce que vous pensiez tout bas. Tout ce que vous soupçonniez. Tout y est.
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Le tournant des années 2000
Les controverses sur le nombre exact de musulmans en France datent de la fin des années 90 et du début des années 2000. La crispation autour de l’affaire des collégiennes de Creil en 1989 puis les attentats du World Trade Center en 2001 ont ouvert des brèches dans le voile pudique posé sur l’islam par la gauche, qui a grand besoin de ce prolétariat de substitution. Le recensement de 1999 compte 3,7 millions de Français ayant au moins un parent originaire d’un pays à majorité musulmane. On parle alors de « musulmans potentiels », en sachant que les foyers décidant de s’éloigner de l’islam sont statistiquement négligeables. En tenant compte de l’immigration illégale et des populations issues de pays musulmans autres que le Maghreb (Turquie, Pakistan, Afghanistan, etc.), le chiffre d’un peu moins de 5 millions fait autorité au début des années 2000.
En 2050, selon les projections du Pew research center, il y aura 12,3 millions de musulmans en France soit 17.5 % de la population.
Une étude en détail des techniques de sondage fait apparaître qu’un certain nombre de critères peuvent biaiser les données. Et toujours dans le sens de la minimisation. Par exemple, le fait de ne sonder que le corps électoral entre 26 et 50 ans. Si cette méthode permet de donner un chiffre fiable sur les votes, elle fausse de manière critique les statistiques globales, puisque la fécondité des familles musulmanes est particulièrement forte. Les très officiels chiffres du Cevipof donnaient 2 % de la population qui se revendique de l’islam en 2002, puis 5 % en 2007. Une explosion due à deux facteurs. Le premier est démographique : l’islam progresse par le « djihad du ventre » et l’immigration massive. Ensuite, l’islam forme une contre-société distincte de la société civile, qui s’incarne dans l’Oumma. Enfin, les musulmans ont souvent tendance à se méfier des sondages, refusant parfois d’y participer, voire se déclarant athées. Mais plus leur visibilité s’accroît, plus ils prennent confiance en eux et assument leur foi.
L’islam en 2019 et ensuite…
L’étude sérieuse la plus récente a été réalisée par le Pew research center, un organisme américain indépendant qui estime à 8,8 % le pourcentage de musulmans en France en 2016. Pour l’INED, 8 % des Français entre 26 et 50 ans étaient musulmans en 2010. En comptant les moins de 26 ans, le chiffre de 9 % est minimal. C’était il y a huit ans. De son côté, l’Institut Montaigne, dans son étude au titre évocateur Un Islam français est possible parue en septembre 2016, recense 5,6 % de la population se revendiquant musulmane. Un chiffre qui semble très minimisé, dont l’écart avec les autres études s’explique par la méthodologie et la prise en compte exclusive des musulmans considérés comme pratiquants.
En 2050, selon les projections du Pew research center, il y aura 12,3 millions de musulmans en France soit 17,5 % de la population selon un scénario d’immigration médian (la France a accueilli un demi-million d’immigrés musulmans entre 2010 et 2016, dont 80 000 réfugiés) et en prenant en compte la fécondité actuelle des musulmans qui s’élève à 2,9 enfants par femme. Enfin, l’âge moyen des musulmans français, de 27 ans contre 43 globalement, induit une courbe de progression très forte.
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