Manipulée, violée, battue, assassinée, brûlée. Voilà ce qu’auront été les trois dernières années de la vie de Shaïna Hansye. De ses treize à ses quinze ans, l’enfer des banlieues et la barbarie auront eu raison de la jeune fille.
Les premiers faits, ceux qui sont actuellement jugés au tribunal pour enfants de Senlis, remontent à 2017. Après lui avoir envoyé un nude, Shaïna est manipulée par son petit ami. Il lui ordonne de se rendre dans un bâtiment abandonné, sous peine de diffuser la photo, et tente de la forcer à lui faire une fellation. Alors qu’elle refuse (elle n’a, rappelons-le, que 13 ans à l’époque des faits), des amis du garçon arrivent pour la déshabiller et la violer avec un stick à lèvres. L’agression est par ailleurs, comble de l’horreur, diffusée sur Snapchat avec des insultes comme « sale pute ».
Lorsque Shaïna est retrouvée, à moitié habillée et le corps recouvert de coups, les parents ont pour premier réflexe de l’emmener au commissariat. Mais les pouvoirs publics ont-ils vraiment été à la hauteur ? Le médecin et les policiers ne semblent pas avoir pris l’affaire à sa juste mesure. La plainte est déposée, mais le petit ami de la fille ne passe qu’un mois en centre éducatif fermé. S’il doit quitter Creil, le juge accepte son retour au bout d’un an, contre l’avis du parquet.
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De son côté, Shaïna change de collège, mais sa réputation de « fille facile » la suit au quotidien. Suite à son passage au commissariat, sa réputation est entachée, et la jeune fille est méprisée par son quartier. Beaucoup dans la ville prennent le parti des violeurs en prétextant des mensonges de la jeune fille, ou en excusant partiellement les actes des racailles – grossièrement : « C’est une fille facile, donc c’est mérité » –, et ce malgré les protestations des parents horrifiés.
Sa vie devient de plus en plus difficile et, le 1er mai 2019, l’ancien petit ami de l’adolescente la retrouve dans la ville. Avec un groupe d’amis, il la frappe à coups de bâton alors qu’elle est seule. Shaïna est laissée inconsciente alors que les agresseurs, satisfaits d’eux, s’en vont. L’ex de la fille est à nouveau mis en examen après une seconde plainte.
Après cette escalade de violence, Shaïna tente de se reprendre en main et d’affronter directement les jeunes par le biais de la police, trop peu active. La « légèreté de mœurs » qu’on lui impute, dans un contexte fortement influencé par l’islam des banlieues, ne lui est pas pardonnée. La jeune fille n’a que 15 ans, mais sa vie est devenue un enfer dont elle ne pourra jamais sortir.
La jeune fille n’a que 15 ans, mais sa vie est devenue un enfer dont elle ne pourra jamais sortir.
Fin 2019, ce qui devait arriver arriva. Shaïna perd la vie, poignardée par son nouveau petit ami qui apprenait qu’elle était enceinte. Ce dernier, ne voulant pas vivre avec une « fille facile », enceinte de surcroît, la poignarde et brûle son corps, dans un petit cabanon au milieu de la cité de Creil. Il va d’ailleurs expliquer à ses amis qu’il vient de « faire une dinguerie » en tuant celle qu’on traitait de « sale pute » depuis plus de deux ans. Après avoir fait d’elle la coupable de ce qui lui arrivait, l’enchaînement des événements est survenu de façon inéluctable. Morte enceinte à 15 ans, la jeune fille n’aura pas connu de paix durant les dernières années de sa vie.
Malheureusement, ce schéma est loin d’être un cas isolé dans ces banlieues, « territoires perdus de la République » selon l’expression consacrée. Alors que le nombre d’agressions violentes augmente constamment, le cas – certes extrême – de Shaïna doit nous servir de leçon pour l’avenir, afin que son histoire tragique ne se répète pas.
Adden dum :
Le parquet a aujourd’hui requis la peine de deux ans de prison dont un probatoire avec sursis pour l’ex-petit ami de Shaïna et un de ses comparses tandis que neuf mois fermes et six mois de sursis ont été requis pour les deux autres. Cette peine ridiculement courte a été choisie en tenant compte du « très jeune âge » des violeurs. Attendez-vous à revoir ces « primo-délinquants« .





