Alors que la question que tout le monde se pose est de savoir quel est le meilleur choix entre masques en tissus et masques FFP2, alors que Cyril Hanouna demandait vendredi soir à la jeune Thaïs d’Escufon, venue mettre en garde contre le risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées : « Vous voyez ce qu’il se passe dans le monde ou vous êtes dans votre truc ? » ; l’affaire Yuriy a frappé avec fracas à la porte du tribunal médiatique, l’affaire Yuriy est venue rappeler à certains la réalité de ce qu’il se passe effectivement dans notre pays.
Vendredi 15 janvier, Yuriy et l’un de ses amis se font accoster, sur la dalle Beaugrenelle dans le XVe arrondissement de Paris, par une dizaine de racailles, vraisemblablement à la recherche d’une bande rivale. Rapidement, le jeune homme de 15 ans se retrouve à terre, lynché par la meute, chacun y allant de son coup de pied, de son coup de poing, s’acharnant sur le corps déjà inanimé. Laissé pour mort, il est resté une semaine dans le coma et est encore, à l’heure où ces lignes sont écrites, entre la vie et la mort.
C’est qu’il est gênant pour beaucoup de ces gens de reconnaître l’existence de l’ensauvagement de notre pays. Un ensauvagement systémique comme ils diraient. Systémique car intrinsèquement lié à l’immigration et donc indissociable de la société multiculturelle dans laquelle nous vivons
En bref, une affaire terriblement banale et quotidienne pour nombre de nos compatriotes, mais qu’il ne faut surtout pas ébruiter au risque de « faire le jeu de l’extrême droite ». C’était compter sans la puissance des réseaux sociaux qui font tourner en boucle la vidéo de la caméra de surveillance à partir du 22 janvier, parfois accompagnée des hashtags #Ensauvagement ou #OnVeutLesNoms. La maman de Yuriy avait d’ailleurs elle même créé un compte Instagram dès le 17 janvier afin de lancer un appel à témoins. Mais c’est finalement le 23 que l’affaire sort du cercle fermé d’internet, pour faire la Une des JT. Le témoignage sans langue de bois de la maman de Yuriy émeut à juste titre et c’est maintenant l’ensemble de la classe politico-médiatique qui condamne haut et fort l’agression. Un malaise se fait pourtant sentir. En effet pourquoi tant de temps entre l’agression et son évocation dans les médias ? Pourquoi tant de précaution lorsqu’on se positionne ? On a le sentiment que si la « fachosphère » ne s’en était pas mêlée, rien de tout ceci n’aurait été dévoilé.
C’est qu’il est gênant pour beaucoup de ces gens de reconnaître l’existence de l’ensauvagement de notre pays. Un ensauvagement systémique comme ils diraient. Systémique car intrinsèquement lié à l’immigration et donc indissociable de la société multiculturelle dans laquelle nous vivons. Alors on préfère parler de « violence gratuite » et de « petites crapules », pour mieux faire oublier sa propre responsabilité dans l’ensauvagement de la France. On se dit « choqué » à l’instar d’Anne Hidalgo ou, tel Gérald Darmanin, on fait part de son « soutien » à Yuriy et sa famille, comme si au fond nous n’y pouvions rien.
Lire aussi : Des sauvageons ? Non, des sauvages
Ces éléments de langage et les faits qui les ont précédés nous rappellent tristement Philippe, le chauffeur de bus de Bayonne, lynché à mort par quatre racailles le 5 juillet dernier ou encore Axelle, la jeune aide-soignante traînée par une voiture sur 800 mètres à Lyon le 20 juillet et la polémique sur l’ensauvagement qui s’en était suivi. L’affaire Yuriy démontre une chose, si tant est qu’il ait fallu la démontrer : malgré les grands mots employés, malgré les objectifs affichés, malgré la stratégie de communication déployée par le ministre de l’Intérieur, rien n’a changé.
Qu’il survive ou succombe à ses blessures, le jeune Yuriy sera un nom de plus dans la longue litanie des victimes, souvent anonymes, de la racaille. Mais leurs sacrifices ne seront pas vains s’ils empêchent nos journalistes de passer sous silence l’ensauvagement de la France et s’ils permettent de placer nos dirigeants face à leurs responsabilités. Car seules des mesures fortes, comme l’arrêt de l’immigration clandestine, l’expulsion des délinquants étrangers ou la suppression des aides sociales aux parents de récidivistes empêcheront l’affaire Yuriy de se reproduire. Mais cela suppose d’abord de faire les bons constats.





