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Afrique du Sud : Frederik de Klerk, ou l’échec du rêve arc-en-ciel

Les médias sud-africains ont annoncé le décès de l’ancien président Frederik de Klerk à l’âge de 85 ans. Prix Nobel de la paix avec Nelson Mandela, il était un pur produit de l’afrikanerdom. En démantelant le système de ségrégation raciale, il avait été accusé de trahison par les plus radicaux des Boers. À la fin de sa vie, il avait exprimé certains regrets et pointé l’échec du rêve de Madiba. Il laisse derrière lui un héritage controversé, et un pays toujours en proie à ses démons raciaux.

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© DR

« C’est avec la plus grande tristesse que la Fondation FW de Klerk annonce la mort de l’ancien président FW de Klerk, parti paisiblement, à son domicile de Fresnaye ce matin après avoir lutté contre un cancer ». C’est par un communiqué laconique que le décès de Frederik Willem de Klerk a été annoncé à la nation sud-africaine, interrompant tous les programmes de télévision. De Klerk est né à Johannesburg en 1936 au sein d’une famille de la bourgeoisie afrikaner ; ses ancêtres avaient fui les dragonnades de Louis XIV pour s’installer dans la future Afrique du Sud. Comme bon nombre de Boers à cette époque, ils vont participer au grand trek fondateur qui amènera plus tard à la création des deux républiques du Transvaal et de l’État d’Orange Libre. Lors d’un affrontement avec les Zoulous en 1838, trois des membres de sa famille sont tués par les redoutables impies de l’empereur Dingane. Avec la guerre anglo-boer, les Klerk s’engagent aux côtés de James Barry Munnik Hertzog, le père du nationalisme afrikaner. L’histoire de la famille de Klerk va se mélanger avec celle du Parti national (NP) qui arrive au pouvoir en 1948 grâce à un jeu d’alliances avec des petits partis.

Ses études de droit achevées, Frederik de Klerk adhère au Broederbond, une association secrète qui rassemble toutes les élites du pays et qui va le lancer en politique. Il devient très rapidement l'étoile montante du NP et se faire élire député en 1972. Dès lors, il va accumuler les ministères jusqu’en 1989. Il soutient la politique de ségrégation raciale (apartheid) et obtient même le prestigieux poste de président de la Fédération du parti national du Transvaal, un tremplin vers la présidence de la République. Trois ans après être entré au parlement, l’ancien Premier ministre Vorster avait prédit qu’il dirigerait le pays, libéré de ses liens avec le Royaume-Uni depuis 1961. Frederik de Klerk est alors perçu comme un défenseur acharné des droits de la minorité blanche au pouvoir, et peu de personnes entrevoient qu’il va changer la face du pays. L’Afrique du Sud vit alors en état d’urgence constant pour faire face aux multiples grèves et à la rébellion armée de l’African national Congress (ANC), mouvement noir dont les principaux leaders sont enfermés à Robben Island, une île-prison au large de Cape Town. [...]

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