Fondée par les journalistes Daniel Riolo et Gilbert Brisbois d’après l’émission éponyme de RMC, la revue After foot consacre son deuxième numéro à une question brûlante dans la société française, et centrale dans le milieu du football, l’identité, à laquelle ils montrent leur attachement dans un édito très politique et foncièrement critique envers la gauche. Car à l’instar de toute association humaine, le football n’est qu’identité : le supporter est attaché à un club dont il chérit l’histoire, la géographie et les valeurs, et se fond alors avec ses pareils en une communauté de souvenirs, de sentiments et de destin qui déborde largement le cadre du rectangle vert. « Le foot est conservateur », concluent-ils. Suivent une petite quarantaine d’articles très fouillés, quoique d’intérêt inégal, rédigés par des intervenants politiquement divers mais de grande renommée dans le débat sportif français – citons parmi d’autres l’historien Paul Dietschy, le philosophe Thibaud Leplat ou l’économiste Pierre Rondeau.
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Politiquement, la revue nous balade des quartiers dits sensibles aux émeutes du France – Algérie en 2001, passe par un entretien avec Manuel Valls pour atterrir à l’éclatement identitaire de nos nations et au phénomène de la binationalité. D’autres contributions sont plus directement sportives, s’intéressant tour à tour à l’identité tactique et visuelle des équipes, au conflit portugais entre clubisme et patriotisme, au hooliganisme ou encore à l’importance identitaire des clubs (à Strasbourg, Rome ou Jérusalem). Ce numéro forme un remarquable kaléidoscope sur l’identité dans le football, qui ne verse jamais dans l’anathème simplet, pour démontrer sa nécessité, ses ressorts et ses débordements.

After Foot media, 160 p., 12,90 €





