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AmeriKKKa

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Publié le

25 juin 2019

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« Il est temps pour le Klu Klux Klan de se remettre à faire des chevauchées de nuit ». Cette phrase n’a pas fuité à l’issue d’une réunion secrète. C’est le titre d’un éditorial du 14 février du DemocratReporter, un journal de l’Alabama. Après le double mandat Obama, l’organisation suprématiste blanche a cru pouvoir retrouver la lumière. Récit d’une désillusion.

 

 

 

Lors des émeutes de Charlottesville de l’été 2017 où partisans d’extrême droite et d’extrême gauche se sont violemment affrontés, le président américain s’est contenté de les renvoyer dos à dos. « Merci Président Trump pour votre honnêteté et votre courage ! » David Duke, l’ancien élu de Louisiane de 68 ans, qui n’a rien perdu de sa verve provocatrice sur Twitter, n’a pas manqué de saluer le Donald. Ce « Grand Dragon » du Klan reste influent au sein de l’organisation qui a retrouvé des couleurs en dix ans. Raciste, antisémite, anti-catholique, le KKK a tenté de se relancer en se plaçant dans l’ombre de Trump. Un président qui a aussi affronté le passé de son père, supposé ancien membre du Klan, photos à l’appui. David Duke, icône de l’extrême droite internationale, veut réhabiliter l’image du Klan et de ses rites.

 

Lire aussi : Paul Gottfried : « Une internationale transatlantique signifierait la défaite du patriotisme »

 

En effet, la présidence de Barack Obama à Washington a cristallisé les rancœurs des rednecks du Sud. Dans ce vivier électoral de Trump, le Klan garde quelques bastions : « Nous sommes déterminés à reprendre le contrôle de notre pays. Nous allons tenir les promesses de Donald Trump. C’est pour ça que nous avons voté pour Donald Trump, parce qu’il a dit qu’il allait reprendre le contrôle de notre pays ». Le Klan maintient la pression et n’hésite pas à faire campagne, comme à Pelham (Caroline du Nord), où il a organisé une « kavalkade Klan parade » le 3 décembre 2016, « pour fêter la victoire ».

Trump a pris ses distances et Duke l’a aussitôt rappelé à l’ordre : « Je vous conseille d’y regarder à deux fois dans votre miroir et de vous souvenir que ce sont les Américains blancs qui vous ont installé à la présidence, pas les gauchistes ».

David Duke a chaleureusement salué l’arrivée de Steve Bannon comme conseiller de Donald Trump. Mais ce dernier fut renvoyé après ses déclarations sur Charlottesville. Trump a pris ses distances et Duke l’a aussitôt rappelé à l’ordre : « Je vous conseille d’y regarder à deux fois dans votre miroir et de vous souvenir que ce sont les Américains blancs qui vous ont installé à la présidence, pas les gauchistes ».

Le Ku Klux Klan est encore présent dans 33 États du pays selon un rapport de l’Anti Defamation League (ADL). L’organisation est montée à 190 sections peu de temps après l’élection de Donald Trump, certaines étant associées à des mouvements néo-nazis. Un mélange des genres qui ne fait pas l’unanimité mais qui pèse lourd dès que la gauche remet en cause les symboles de « Dixie », le surnom donné au Vieux Sud américain et à son drapeau.

L’année 2018 a été le théâtre d’un nouveau conflit identitaire entre sympathisants des Confédérés, les treize États qui firent sécession en 1861, et leurs détracteurs qui entendent abattre les statues du général Lee et retirer les drapeaux sudistes. Le conflit n’est pas nouveau. Déjà en 2001, lorsque le gouverneur démocrate Ronnie Musgrove avait tenté de faire disparaître la « Stainless Banner » (« Bannière sans taches ») qui figure en haut du capitole de l’État du Mississipi, 65 % des habitants de l’État avaient rejeté la proposition de nouveau drapeau par référendum. En 2004, Musgrove perdait son siège au profit du républicain Haley Barbour qui s’était prononcé pour le maintien du drapeau historique.

 

Lire aussi : Fox News : Comment la droite américaine livre le combat télévisuel

 

Récemment David Duke s’est réjoui de la candidature à la prochaine présidentielle de la démocrate Tulsi Gabbard sur les réseaux sociaux. La seule « qui mettra réellement l’Amérique au premier plan plutôt qu’Israël d’abord ». Duke retourne le slogan du Président au profit d’une démocrate, signe que les temps ont changé. L’embarras de la candidate originaire des Samoa a été à la hauteur du démenti qu’elle a dû apporter face au soutien inattendu d’un homme qui prétend jouer les « faiseurs de roi » tout en faisant pression sur les Républicains…  

 

Frédéric de Natal

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