Âmes perdues, sorti en 1977, fait figure d’apothéose dans la carrière déjà profuse de Dino Risi et résonne comme le chant du cygne d’une ville, Venise, comme d’un certain cinéma italien à la fois aristocratique et baroque. Dans une Venise déserte qui flirte avec les ambiances fantastiques du Don’t Look Now de Nicolas Roeg, Risi s’attache aux pas d’un jeune artiste peintre qui vient apprendre son métier dans la cité des Doges, hébergé par sa tante (Catherine Deneuve, hiératique) dans un hôtel rafistolé aux allures de palais gothique.
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À la fable initiatique Risi colle une intrigue presque psychiatrique qui évoque tour à tour Mario Bava ou Hitchcock, s’éloignant du genre de la satire sociale qui l’avait fait connaître. Âmes perdues est un film à mystères qui explore le refoulé des vieilles villes européennes, croulant sous les souvenirs et sous les miasmes de l’histoire, collective comme individuelle. Porté par une partition exemplaire de Francis Lai et par une direction artistique à couper le souffle, c’est un chef-d’oeuvre oublié à revoir d’urgence.
Âmes perdues (1977) de Dino Risi avec Catherine Deneuve et Vittorio Gassman, en DVD (ESC Distribution)





