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Antifa parano

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Publié le

9 juillet 2020

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Si les antifas se déclarent volontiers antisystème, ils peuvent néanmoins se prévaloir d’un réseau de médias particulièrement bien fourni. Alors que leurs adversaires d’ultra-droite sont souvent confrontés à la censure, la mouvance « antifa » possède, elle, de nombreux relais sur internet, qui lui permettent de diffuser largement ses points de vue.
antifa

Ce qui surprend quand on plonge dans « l’anti-fachosphère », c’est la précision des informations données et la minutie avec laquelle ses rédacteurs couvrent l’actualité des cercles ultra-droitiers. On n’ose imaginer le temps que ces militants doivent passer à scruter les pages facebook d’untel et à recouper des informations pour détecter des liens éventuels entre tel élu du FN et un obscur groupuscule néofasciste. Au point que les journalistes consultent régulièrement ces sites pour étayer leurs articles. Parfois, on a même l’impression que les antifascistes sont mieux renseignés sur les groupes d’ultra-droite qu’ils surveillent que les membres de ces groupes eux-mêmes. D’Indymedia à Rebellyon en passant par le plus ancien de ces médias REFLEXes (Réseau d’Etude, de Formation et de Lute contre l’EXtrême droite et la Xénophophie), tous sont extrêmement bien documentés sur tout ce qui gravite autour de la droite de la droite. Signalons le cas du site antifasciste La Horde qui édite depuis 2011 une cartographie de l’extrême droite française. De même, certains sites sont adeptes du « doxxing » (divulgation publique des coordonnées personnelles des militants politiques).

Tout cela transpire la parano, comme si les antifas étaient restés bloqués au temps du KGB époque Krouchtchev ou aux grandes heures de la STASI.

Les antifas pratiquent la délation comme au bon vieux temps de l’occupation. Si les militants antifas apparaissent rarement dans les médias à visage découvert et jouent la carte de la discrétion extrême, c’est pour mieux taper sur leurs adversaires. D’ailleurs, le slogan du blog « Fafwatch » qui s’est fait une spécialité d’« outer » les militants identitaires, « On sait qui vous êtes… vous ignorez qui nous sommes », est très révélateur. Citons aussi les « antifanonymous », un collectif de hackers antifascistes, qui ont entamé en 2012 une campagne de piratage de sites, de pages Twiter ou facebook et de messageries privées liées à l’extrême droite. Ils avaient par exemple réussi à dévoiler publiquement le contenu d’une correspondance privée entre Bruno Gollnisch et le négationniste Robert Faurisson datant de 2009. Tout cela transpire la parano, comme si les antifas étaient restés bloqués au temps du KGB époque Krouchtchev ou aux grandes heures de la STASI.

Mais il arrive que la paranoïa gagne jusqu’aux arcanes même de l’ultra-gauche et qu’ainsi, le serpent se morde la queue. En août 2008, une polémique éclate au sein de la nébuleuse antifasciste lorsqu’un article posté sur le site du syndicat anarchiste CNT-AIT accuse le réseau No Pasaran (dont font partie REFLEXes et le SCALP) de collusion avec la police. Selon eux, No Pasaran faisait alors partie d’un réseau paneuropéen de lute contre le racisme basé à Amsterdam, le « United for Intercultural Action », lequel regroupe non moins de 560 organisations dans 48 pays européens.

Lire aussi : Antifa = SA?

Ce réseau étant financé par de nombreuses institutions comme la Commission européenne, le Conseil de l’Europe, le Conseil Mondial des Églises, l’Open Society Foundations de George Soros, la Fondation Rothschild et même les ministères de l’Intérieur britannique et néerlandais, le syndicat soupçonnait l’existence de liens éventuels du réseau No Pasaran avec la police voire avec les services secrets. Enfn, l’article metait en lumière les accointances de REFLEXes avec le magazine antifasciste britannique Searchlight, accusant son rédacteur en chef Gerry Gable d’entretenir des relations privilégiées avec le MI5. Décidément, on ne doit pas rigoler tous les jours dans la famille antifa !

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