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Arthur Dupuy : comme un parfum d’histoire

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Publié le

31 janvier 2022

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Arthur Dupuy est un rayon de fraîcheur dans le monde de la parfumerie française, dominé par une culture de la grande distribution et du consommable. Installé à Montpellier, « capitale historique du parfum, bien avant Grasse », dit-il, rien ne le prédisposait pour autant à se lancer dans l’univers olfactif.
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Venu du monde des palaces, il a travaillé notamment au Trianon à Versailles, au Georges V, au Bristol, jusqu’au jour où l’institut Paul Bocuse lui demande de créer la fragrance signature du Royal, place Bellecour.

Problème : Arthur Dupuy n’est pas chimiste, et il n’a jamais fait de parfum. Au départ, notre parfumeur crée des fragrances « sur mesure pour des marques », « en marque blanche », avant de lancer des parfums sur mesure, d’ambiance, à l’origine, puis des parfums corporels.

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« Le monde du parfum a été industrialisé. La plupart des marques n’ont pas leur laboratoire interne, contrairement à nous. Les gros opérateurs fournissent les marques, mais pour pouvoir industrialiser la production, ils ont dû réduire le nombre de matières premières à une palette d’environ 2 000 substances. On entre dans une ère où il y a tout se ressemble. On attend toujours du sucré, les tendances sont les mêmes depuis quinze ans. Il y a eu une réaction vers un marketing de niche, personnalisé, mais les gros acteurs répondent à la demande. Ils ne répondent pas en dessous d’une tonne. Nous, on commence à cinq kilos », dévoile Arthur Dupuy.

La différence est énorme, et le soin apporté à chaque jus est bien entendu au diapason. Comme pour un costume, un parfum sur mesure sera concocté avec des ingrédients choisis avec précision et délicatesse. Bien entendu, cette délicatesse a un prix, et les parfums d’Arthur Dupuy sont entre trois et quatre fois plus chers qu’un parfum de grande distribution. Mais comme pour tout, ne vaut-il pas mieux privilégier la qualité à la quantité ? Ne préfère-t-on pas mettre, une fois de temps en temps, le prix dans un costume solide, qui durera toute la vie, plutôt que de devoir racheter des frusques thermocollées qui se déchirent au moindre accroc ?

Pour créer un parfum qui soit une œuvre d’art, il faut cependant des sources d’inspiration.

Ce retour à la production artisanale a d’ailleurs attiré l’attention de Jean-Pierre Solignac, investisseur d’Arthur Dupuy… et responsable de l’industrialisation du milieu du parfum ! « Quand on lui a demandé pourquoi il voulait investir chez nous, il nous a dit qu’en industrialisant le métier, il avait réduit la palette, et qu’il y avait moins de grandes sorties ». Une façon de racheter ses péchés ?

Cependant, si l’on observe un retour vers le parfum sur mesure, il faut demeurer vigilant. « Beaucoup d’entreprises prétendent proposer du sur-mesure alors qu’ils ne font que pro- poser cinq bases différentes. Ce n’est pas possible, ça n’existe pas. Ils ont des algorithmes. Mais il ne faut pas tomber dans le faux sur-mesure », met-il en garde.

Pour créer un parfum qui soit une œuvre d’art, il faut cependant des sources d’inspiration. Passionné par son métier, Arthur Dupuy nous révèle qu’il peut trouver l’illumination à la fois dans l’architecture, la peinture, ou encore la musique : « Nous sommes très attachés au monde de l’art. Nous nous inspirons par exemple de l’histoire de la ville de Montpellier, le berceau du parfum français ».

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Lorsqu’il évoque sa cité, son histoire, ses rues, les yeux d’Arthur Dupuy s’illuminent. Véritablement passionné par l’héritage de la ville, son verbe s’accélère. « On se rattache à l’histoire. Notre première collection était ”Eau de Montpellier”, du nom du célèbre parfum de Marie-Antoinette, travaillé par la famille Farjon. Ils avaient créé un parfum lié aux espèces végétales de la Méditerranée. Notre gamme, dont les noms sont en latin, retracent toutes ces espèces du terroir méditerranéen. Nous avons aussi développé les Cologne de l’Écusson, en hommage aux dix-huit plus grands apothicaires. Et pour cette nouvelle collection, nous nous sommes inspirés des partitions de François Couperin, fameux claveciniste baroque. Chaque parfum a le nom d’une partition ».

Baroque et éclectique, Arthur Dupuy fait son chemin depuis Montpellier, autour des murs de pierre millénaires de la ville. Entre tradition et modernité, ses fragrances sont en tout cas certaines d’embellir qui les porte.

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