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Au fil de la plume : le combat du stylo artisanal

La pratique de l’écriture manuscrite est en train de disparaître. Le clavier remplace le stylo-plume, mais des passionnés de l’écriture cursive résistent à cette emprise et font vivre les artisans du stylo.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Le stylo-plume (appelé autrefois stylographe) a révolutionné l’écriture. En 1827, Petrache Poenaru, un inventeur roumain, dépose le brevet du stylo à plume. Le stylo devient portable, il se libère des encriers. Les plumes sont en acier, elles remplacent les plumes d’oiseaux. L’innovation majeure vient de l’Américain Lewis Edson Waterman : né en 1837, il ne reste que cinq ans à l’école, et exerce différents métiers comme charpentier, vendeur de livres, enseignant. Alors qu’il est agent d’assurances, il manque une vente importante parce qu’au moment de signer, son stylo tache les feuilles du contrat. Furieux, il décide de mettre au point un stylo plus fiable en utilisant les principes de capillarité : désormais la goutte d’encre se dépose sur la pointe de la plume en évitant un écoulement trop important. Waterman ouvre sa première usine en 1889 et la fortune lui sourit.

Omniprésent dans les trousses d’écoliers, le stylo-plume est cependant concurrencé dès la fin de la Seconde Guerre mondiale par le stylo à bille. Aujourd’hui, les ventes des stylos sont en chute libre : de 2010 à 2020, elles ont plongé de 6 à 3 millions. Au-delà du stylo-plume, c’est l’écriture manuscrite elle-même qui disparaît. Pour beaucoup elle est synonyme de lenteur et d’inconfort.

Dans les écoles primaires, le stylo-plume traîne une mauvaise réputation : trop sale, trop compliqué. Depuis mai 68, l’enseignement de l’écriture manuscrite est considéré comme oppressant, et durant 50 ans on a privilégié la créativité sur la discipline. Résultat : les étudiants ont perdu les automatismes de l’écriture cursive et pianotent sur leurs ordinateurs durant les cours magistraux.

Nos boîtes aux lettres sont devenues des fosses septiques, remplies de courriers administratifs et d’imprimés commerciaux

Le remplacement du stylo par le clavier rend l’écriture cursive plus mécanique et moins personnelle. Autrefois, l’investissement personnel était plus grand, les écritures plus travaillées avec des enluminures et de la calligraphie. Il existe désormais une vraie difficulté à se servir de ses mains. À force de balayer les écrans, les enfants n’ont plus assez de force dans les doigts pour tenir correctement un stylo. D’où un constat alarmant : nous n’avons jamais autant communiqué et si peu écrit ! [...]

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