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Austria great again !

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Publié le

7 novembre 2017

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kurz l'incorrect

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La lumière vient de l’Est : le très jeune Premier ministre autrichien, nouveau Metternich, fera-t-il enfin pencher l’Europe à droite ?

 

Cet automne, Jupiter a pris un coup de vieux. À 31 ans, Sébastien Kurz, «  l’enfant prodige  » de la politique autrichienne (wunderwuzzi), a remporté haut la main les législatives du 15 octobre et ringardisé, du même coup, le nouveau locataire de l’Élysée. Un an après avoir été éliminés dès le premier tour de la présidentielle, les conservateurs de l’ÖVP ont repris l’avantage. Et Vienne se prend à rêver de renouer avec son destin de puissance centrale de l’Europe.

L’Autriche des Habsbourg-Lorraine avait, en effet, une tradition d’arbitre conservateur de l’Europe. Jusqu’en 1848, le prince de Metternich est le chef d’orchestre de l’ordre européen. Pourtant, en 1809, quand il est nommé chancelier à 36 ans, il hérite d’une Autriche vaincue à Wagram et réduite à la portion congrue par Napoléon, lequel dort dans le lit de l’Empereur au palais de Schönbrunn. Il conclut toutefois la paix avec son adversaire et n’hésite pas à marier la nièce de Marie-Antoinette et la fille de François II, Marie-Louise, au « petit Corse ». En 1815, Vienne est le centre d’un congrès qui restaure les équilibres de l’Europe sur des bases pérennes.

 

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L’Autriche était une rivale de la Prusse. Elle lui contestait, assise sur le trône du Saint-Empire romain germanique, sa poussée au centre de l’Europe. La France a joué de cette rivalité et de cet équilibre mais elle abandonne l’Autriche et la Confédération germanique à Sadowa en 1866. Elle refuse ensuite les négociations de paix de Charles Ier de Habsbourg en 1916. Trois ans plus tard, il n’y a plus de vrai contrepoids à la puissance allemande. Et depuis que les Russes se sont retirés, en 1990, de Leipzig jusqu’à Smolensk, l’Allemagne réunifiée d’Angela Merkel domine à nouveau le continent.

Sébastien Kurz est habile et séducteur comme Clément de Metternich de 1809. Mais l’Autriche est encore plus faible et l’époque n’est plus aux grandes épopées. Pourtant les similitudes diplomatiques sont troublantes.

Kurz fait interdire la burqa et le financement des mosquées depuis l’étranger mais échoue à imposer une traduction aseptisée du Coran

Tout d’abord, M. Kurz a un bilan flatteur après quatre années au ministère des Affaires étrangères. Il a joué de la neutralité du pays pour maximiser son influence. Il codirige la réunion des ministres des Affaires étrangères du Parti Populaire Européen en 2014, et s’appuie sur ses amis de la CSU bavaroise pour faire pression sur Berlin. Il accueille à Vienne les négociations historiques entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de Sécurité.

Surtout en 2015, M. Kurz se dresse à la tête d’une coalition avec ses homologues hongrois, croate, serbe, slovaque et polonais. Face à l’ouverture inconsidérée des frontières allemandes aux migrants de toute l’Afrique et du Moyen-Orient, il veut faire de Vienne le dernier rempart de l’Occident. Il exige l’arrêt des négociations d’adhésion de la Turquie avec Bruxelles. Et il est un des rares soutiens de Victor Orban, lequel peut compter sur lui pour se maintenir au PPE. Il fait interdire la burqa et le financement des mosquées depuis l’étranger mais échoue à imposer une traduction aseptisée du Coran. Il rompt avec la coalition menée par les sociaux-démocrates au printemps 2017 et n’a pas peur d’une future alliance avec le FPÖ, un parti allié au FN à Strasbourg.

 

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Ensemble, ils souhaitent reconstituer un bloc austro-hongrois, un groupe de Visegrad élargi qui pèserait encore plus dans l’UE. Ce club diplomatique conservateur, constitué de la Pologne, de l’ancienne Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de l’Autriche, serait un contrepoids naturel pour la France si elle désirait un jour s’émanciper de la double tutelle de Bruxelles et de Berlin

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