Skip to content

Belle de l’Est

Par

Publié le

31 décembre 2020

Partage

Se faire belle au Japon, ça n’est pas du luxe : c’est un geste citoyen, comme trier ses déchets ou dire bonjour.
Japonaise

Le maquillage, un acte social

Ne pas se maquiller équivaut à sortir en pyjama. On met son mascara quotidien comme on enfilerait une veste. L’acte de présentation correcte de soi fait partie des gestes élémentaires de la société nippone. Cela se conçoit difficilement pour des mœurs européennes, nourries à l’individualisme. La pression est maximale : passé trente ans, les possibilités de mariage s’amenuisent considérablement. Si la société évolue pour se rapprocher de nos standards, le changement est lent et toujours feutré. Alors pour correspondre aux standards de beauté et chiner un mari de qualité, on bosse !

Tout est dans le regard

Pour parvenir au niveau esthétique voulu, les Japonaises ne lésinent pas. Les mieux loties de la société se paient un débridage, une opération de chirurgie esthétique courante pour ouvrir le regard et ressembler davantage aux Européennes. Celles qui ne peuvent se l’offrir se collent des minuscules scotchs sur les paupières plutôt lisses pour leur donner le pli supplémentaire qui n’existe pas en Asie. On appelle cela le futae mabuta. Et c’est un succès auprès de ces messieurs, dont l’écrasante majorité préfère les femmes aux yeux transformés de la sorte.

Lire aussi : Beauté : The Mask

On s’épile

À l’heure où les occidentaux s’extasient sur les poils féminins, les Japonaises font la chasse à ces ennemis : pas question qu’il existe autre chose que les sourcils discrets. Tout le reste est totalement inapproprié. Même si les femmes asiatiques ont une pilosité naturellement plus discrète, ne pas la garder sous contrôle reste inenvisageable.

Professionnelle

Cette recherche de la perfection s’accompagne d’une lourde pression sociale sur les femmes. Ne croyons pas le modèle parfait parce qu’il fait un pied de nez au culte de la laideur post-moderne. Dans le pays du soleil levant, ne pas se maquiller constitue une faute professionnelle. La plupart des entreprises précisent même dans leur règlement interne le niveau approprié de maquillage qu’une femme doit porter pour être acceptable. Sont également codifiées la taille des talons ou la longueur de la jupe de l’executive woman japonaise. À tel point que le ministère du Travail japonais a confirmé que porter des talons en entreprise relevait de l’obligation pour ces dames. On entend d’ici les hurlements des féministes 2.0 qui s’épanouissent sous nos latitudes, presque inaudibles dans la société nippone où la volonté du groupe surpasse celle de l’individu.

Pas dans la rue

Si se maquiller reste indispensable, cela doit demeurer un acte intime. Pas question d’observer ça dans le métro ! Le gouvernement a mis en place des campagnes de spots publicitaires pour inciter ces dames à garder le poudrier dans leur sac. Dans un pays où le simple fait de manger dans les transports constitue une incivilité grave, ces dames sont vite rentrées dans le rang et ont laissé au vestiaire leur attirail beauté. Alors certes les standards de beauté occidentale laissent parfois largement à désirer. Mais on se réjouit secrètement de pouvoir retoucher le rouge à lèvres entre deux stations de métro sans que personne y trouve à redire.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest