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Berlin Berlin : humour noir, folie rouge

De l’écriture à l’interprétation en passant par la mise en scène, Berlin Berlin de Gérald Sibleyras et Patrick Haudecœur est une merveilleuse mécanique d’humour décapant exploitant avec délice les ressorts de la Stasi. Nous avons rencontré l’auteur Gérald Sibleyras et l’acteur Maxime d’Aboville pour faire le point avec eux sur le spectacle le plus détonant de la rentrée.

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© Bernard Richebé

Gérald Sibleyras: J’ai un lien avec la RDA, ma mère était berlinoise, elle a fui le régime communiste dans les années 50, sa famille est restée, pensant que ça s’arrangerait. Je suis né en 1961, comme le mur. Lorsque j’étais enfant, nous allions en vacances visiter la famille à Berlin Est, ce qui n’était pas la destination touristique la plus courue, sauf pour les jeunesses communistes. Il y a quelques beaux films allemands sur le sujet, La Vie des autres, bien sûr, mais aussi Goodbye Lenine, qui est une sorte de comédie, Le Vent de la liberté, Barbara (très beau film). Il me semble que les intellectuels et les artistes français ont souvent été complaisants avec les communistes depuis la fin de la guerre, c’est peut-être la raison pour laquelle ils n’ont pas utilisé les régimes de l’est comme décor.

Et vous, Maxime d’Aboville, comment avez-vous composé ce personnage d’agent convaincu de la Stasi qui semble inaccessible au doute tant politique que sentimental ?

Maxime d’Aboville: Il ne faut jamais oublier qu’un personnage sort d’abord de l’imaginaire d’un auteur. La mission de l’acteur est ensuite de se glisser dans cet imaginaire et, malgré lui, d’y apporter sa singularité. Ce qui m’est venu d’emblée (et sans réflexion) pour le personnage, c’est une tonalité très « bonne famille » française, entre Jean d’Ormesson et Christian Clavier, alors que le personnage est allemand et, par définition, de gauche ! Je crois que ça renforce le ridicule du personnage, la dimension totalement improbable de ce type. Ça me permet aussi de jouer d’un milieu social que je connais bien et de l’image que certains pourraient avoir de moi… Disons que j’en rajoute et ça m’amuse ! [...]

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