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Big Bug : la SF de boulevard de Jean-Pierre Jeunet

Avec Big Bug, Jean-Pierre Jeunet signe un retour à la SF pour le moins nuancé. Pourtant, derrière le nanar, il reste peut-être quelques morceaux de cinéma.

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© Big Bug

À une époque reculée, Jean-Pierre Jeunet était un créateur d’univers. Lui et Marc Caro pouvaient même se targuer d’avoir inventé un style en moins de trois films : avec Le Bunker de la Dernière Rafale (quel titre !), Delicatessen et la sublime Cité des enfants perdus, ils avaient bâti un imaginaire poétique et ultra-référencé, qui puisait autant dans le cinéma de Clouzot et Duvivier que dans l’esprit de la bande-dessinée hexagonale des 70’s, Métal Hurlant et consorts. Un imaginaire très « français », donc, servi par une mise en scène parfois démonstrative mais toujours extrêmement graphique, qui inspira des générations de cinéastes.

Alien 4 : Résurrection, suite mal aimée constitua pourtant une très singulière tentative d’assimiler cette esthétique « formica-punk » aux exigences canoniques de la saga – et l’opportunité tout de même assez unique de voir Dominique Pinon flinguer des aliens. Elle fut sans doute une expérience cuisante pour un Jean-Pierre Jeunet désormais seul aux commandes, acculé par des producteurs vénaux et parfois bien en mal de gérer un tournage tentaculaire. Pourtant, avec du recul, c’est un Alien réussi, jusqu’au-boutiste, servi par un casting impérial et un excellent scénario de Joss Whedon.

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C’est ensuite que le bât blesse : sans Marc Caro, qui constituait la partie la plus sombre et la plus punk du tandem, le cinéma de Jeunet se transforme vite en caricature de lui-même, alignant les gimmicks ostentatoires et un goût pour les ambiances sépia qui fantasme assez maladroitement une France d’avant, bricolée à partir de tour de passe-passe technique et de scénarii à tiroirs. Si Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain a plutôt bien vieilli et si Un Long Dimanche de Fiançailles conserve quelques moments de bravoure, on n’en dira pas autant des films suivants, échecs tout autant commerciaux que critiques. Jeunet semblait s’être définitivement perdu dans un univers désormais plus proche d’un Christophe Baratier ou des « feel good » romans d’un Gilles Lejardinier que des « cartoon live » glauques et ultra-ambitieux du début. [...]

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