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The Innocents : fantastique Norvégien

Pour son deuxième long-métrage, Eskil Vogt réalise un film sérieux qui aborde à merveille trois thèmes - le drame social, la chronique enfantine et le pur cinéma d'horreur - mis en valeur par une superbe mise en scène.

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© The Innocent

On peut estimer que le cinéma de genre se porte plutôt mal, et on aura probablement raison. Dégradé par les superproductions pour ados et autres franchises régressives, anesthésié par des trucages numériques toujours plus inoffensifs, cette forme artistique semble avoir toutes les difficultés du monde à se réinventer. Même ses plus ardents défenseurs semblent parfois incapables de s’attaquer au genre sans user de prétextes intello-chics, comme si la peur et l’inquiétante étrangeté consubstantielles au fantastique étaient désormais un domaine réservé à une population acnéique, et qu’on ne pouvait plus traiter de la chose qu’avec les gants d’une certaine ironie. Et puis, au détour d’un festival ou d’une projection presse, on reprend espoir, grâce à Eskil Vogt, le scénariste du très talentueux Joachim Trier, cette sorte de Cassavetes norvégien dont on a déjà dit tout le bien qu’on en pensait dans un numéro précédent.

En effet, The Innocents, son deuxième long-métrage, est un véritable coup de maître. Durant deux heures, tout le cinéma fantastique qu’on aime est là : premier degré, sérieux comme un pape, filmé au plus près des corps et d’une réalité sociale abrasive – et surtout perturbant de la première à la dernière seconde. Eskil Vogt n’est pas là pour le fan service (cette fâcheuse manie qui consiste à devancer les souhaits attendus des spectateurs). Non, il sait à quoi sert le fantastique : nous pousser dans nos retranchements, nous confronter à nos propres repères moraux. [...]

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