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Campagne législative (5/7) : Blandine Arnaud, liberté, originalité, proximité

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Publié le

3 juin 2022

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Durant cette campagne législative, L’Incorrect suit plusieurs candidats de la droite. Aujourd’hui, entretien avec Blandine Arnaud, candidate LR de la 3e circonscription du Gard.
Blandine Arnaud

Quel type de campagne menez-vous ?

Je mène une campagne assez atypique. J’ai commencé en janvier. Même si je suis déjà élue, c’est ma première candidature en mon nom propre. Comme j’ai très longtemps travaillé dans la communication, j’en ai fait un petit laboratoire de communication politique avec une stratégie très personnalisée. J’ai d’abord lancé un blog qui s’appelle jaimemacirco.fr pour montrer que je suis la candidate du territoire. Je suis allé à la rencontre de nombreux acteurs de la région pour les comprendre. J’ai également un site plus institutionnel en complément de l’autre, dédié aux prises de position de fond. Ma proposition est avant tout basée sur des enjeux locaux, avec une vision nationale. Je veux être l’ambassadrice de mon territoire.

Quels sont donc les projets que vous souhaitez porter à l’Assemblée nationale ?

Le député sortant de Renaissance (ex-LREM) a dédié son mandat à l’énergie et au nucléaire. Or, il ne l’a pas bien fait et s’est limité à ce sujet. Moi, j’ai parcouru mon territoire pour trouver le dénominateur commun et je suis tombée sur une grande thématique : il faut repartir du terroir. Tout part de la terre ! Je suis une épicurienne, c’est dans mon ADN : je connais les vignes depuis longtemps. Il faut parler des secteurs structurants pour le territoire – la viticulture, l’agriculture, le maraîchage – auxquels sont directement liés d’autres thématiques comme le foncier, l’urbanisme, l’industrie.

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Par exemple, il y a un problème sur la viticulture : on est obligé d’arroser la vigne à cause de la sécheresse. Cela nous pousse à mener des grands projets d’irrigation. Ces sujets sont éminemment politiques. Il y a aussi la question du bio, que l’on importe d’Espagne. On n’a rien d’ici alors qu’on produit beaucoup. Mes autres thématiques sont la santé et la souveraineté.

Est-ce que vous vous attendez à faire un score aussi faible que celui réalisé par Valérie Pécresse dans votre circonscription ?

Démarrée en janvier, ma campagne a été très personnelle, et j’espère que ça va payer. J’ai essayé de me détacher au maximum des étiquettes, et ce même avant que Valérie Pécresse prenne une claque. Plutôt que de faire des tracts politiques qui finissent souvent à la poubelle, j’ai fait de jolies cartes postales sans logo. Un électeur sur deux me demande : vous êtes qui ? Je leur réponds sans donner mon logo car en mettre un, c’est entrer dans une case et l’on ne peut plus dialoguer. Dans ce cas, cela ne sert à rien de faire de la politique. Mon objectif est de pouvoir parler et de faire une campagne de terrain « à la Chirac », d’aller vers l’autre. Je ne me planque pas : je suis audacieuse. D’ailleurs, lorsque les conditions du dialogue s’installent, j’arrive souvent à les convaincre. Il faut prendre le temps de discuter avec les gens : c’est ce que j’aime.

Je pense qu’il y a un espace politique pour des personnes solides qui sont fières d’être de droite.

Je suis candidate pour la reconstruction de la droite et selon moi, cette reconstruction ne passe ni par le RN ni par Reconquête ! Il y a toute une droite populaire et rurale qu’il ne faut pas oublier. Je ne m’inscris pas particulièrement dans LR, j’y suis par loyauté.

Vous avez rejoint Osez la France. Est-ce que vous arrivez à trouver votre place entre Reconquête ! le RN et Renaissance ?

Comme les gens, j’en ai assez des arrangements en sous-main des politiciens et pourtant, c’est exactement ce que fait le député sortant. Ses soutiens ne sont que des élus, il n’a aucun contact avec les gens. Or, c’est ce que doit être un parlementaire. La droite rurale et populaire a été oubliée ! Il y a un mépris fou. Les gens veulent de la sympathie authentique. Je veux être la plus naturelle possible. Il faut savoir s’adapter à tous les milieux. Je n’ai pas de problème d’identité et donc tout est plus facile.

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Cet espace politique, il faut le créer. Là où j’ai le plus de difficultés, c’est avec les vieux barons du parti. Je veux mettre un coup de pied dans la fourmilière. Moi, je suis issue d’une droite qui a la capacité de gouverner. Dans mon territoire, il n’y a pas un seul élu du RN, or cela fait des décennies que le parti progresse en scores électoraux. Je pense qu’il y a un espace politique pour des personnes solides qui sont fières d’être de droite. Ça fait vingt ans qu’on n’assume pas d’être de droite : moi, j’assume. Je suis de ces rares LR qui veulent à la fois aller sur les marchés et incarner une colonne vertébrale idéologique.

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