Sophie se remémore les vacances d’été passées avec son père vingt ans auparavant. Accentuant le pénible tropisme mémoriel qui s’attache ces temps-ci aux réalisatrices britanniques (voir The Souvenir I et II de Joanna Hogg), Aftersun évide le dolorisme de la perte dans une pseudo-réflexion sur le médium. On ne cesse de revenir sur une vidéo du père défunt présentée à toutes les vitesses de défilement, avance ou arrière rapide. Charlotte Wells semble découvrir avec stupeur – choupette ! – que l’image enregistrée fige dans un présent éternel ce qui n’est pas appelé à durer.
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Les vacances turques d’un passé révolu all inclusive – papa et fifille – n’en finissent pas d’accoucher du rien à l’écran sur fond de tubes des années 90. Pour boucler avec le présent, la réalisatrice raboute des ralentis de l’héroïne adulte qui danse sous les stroboscopes et fixe la caméra comme si elle méditait les mots du Roi Lear essuyant sa main avant qu’on l’embrasse, car elle « pue la mortalité ». Le ratio pose/talent se fait clairement ici au détriment du second.
AFTERSUN (1 h 36), de CHARLOTTE WELLS, avec Paul Mescal, Frankie Corio, Celia Rowlson- Hall, en salles le 1er février





