Jean-Stéphane Sauvaire, cinéaste français exilé à New York et formé à l’école du documentaire, semble être resté captif des années80: dans cette chronique furibarde qui rend hommage aux ambulanciers de nuit, les corps malmenés y sont magnifiés et New York ressemble à ce qu’elle était dans les meilleurs films d’Abel Ferrara: une capitale à bout de souffle, un chaudron toxique de néons et d’électricité. D’ailleurs, on a du mal à situer le film temporellement, Sauvaire évitant scrupuleusement de filmer tout signe superlatif de modernité – à commencer par les téléphones portables.
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Si son cinéma s’enferre parfois dans certaines postures esthétisantes ou certains choix narratifs un peu ringards (voire le second rôle féminin qui passe l’intégralité du film à poil comme dans un bon vieux polar avec Michael Douglas), le film ne cesse de surprendre par son côté jusqu’au-boutiste, à la fois désespéré et frontal – voire la scène traumatique autour de laquelle s’articule le scénario et qui reste en travers de la gorge. Sean Penn est convaincant en Sean Penn qui fait du Sean Penn, et le jeune premier Tye Sheridan a tout pour être à l’aube d’une belle carrière.
BLACK FLIES (2h), de JEAN-STÉPHANE SAUVAIRE, avec Tye Sheridan, Sean Penn, Michael Pit, en salles le 4 avril.





