La Beauté du Geste en raconte peut-être plus sur l’état du cinéma japonais actuel que sur son sujet : le parcours chaotique d’une malentendante dans l’univers de la boxe semi-professionnelle. Avec un style impressionniste et d’une rare âpreté, qui refuse toute psychologie au point de flirter avec l’autisme, le réalisateur Shô Miyake livre un produit étrangement déceptif, presque masochiste, qui se charge d’éliminer tous ses effets et toutes les attentes du spectateur avec une constance impressionnante.
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« Petit, lent mais constant », c’est d’ailleurs le titre original du film ; une description en creux de cette anti-héroïne minérale, dont nulle émotion ne sort en 1 h 39 alors qu’elle est presque de tous les plans. Quant aux matchs de boxe, on n’en verra rien si ce n’est une succession de photogrammes volontairement figés. Une étonnante contre-performance, filmée en 16 mm dans une banlieue triste et sale de la capitale, et dont ne ressortent que des lavis beiges et des couleurs passées. Drôle d’objet, qui en devient fascinant à force de refuser tout compromis.
LA BEAUTÉ DU GESTE (1 h 39), de SHÔ MIYAKE, avec Yukino Kishii, Tomokazu Miura, Masaki Miura, en salles le 30 août.





