Avec son troisième long-métrage, le tout à fait remarquable Déserteur, Dani Rosenberg construit une figure d’objecteur d’inconscience qui s’échappe mécaniquement des combats dans la bande de Gaza pour retrouver le goût de sa jeunesse et casser les automatismes du soldat. Entre burlesque et tragique, le corps épuisé de son acteur (Ido Tako, formidable) est la base d’une mise en scène toujours en mouvement, rappelant les jeunes Skolimoswski pour le culte de la vitesse et Bellocchio pour l’âpreté politique.
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Shlomi devient une sorte de Prince de Hombourg inversé, condamné non plus à la prison mais à la fuite perpétuelle et dont la désobéissance crée un chaos qui le dépasse. Le portrait en filigrane d’une société aussi violente qu’aux aguets impressionne, tout comme la rigueur d’une fin implacable qui atteste de la rectitude morale du réalisateur. Le jour comme la nuit sont des terres étrangères dans Le Déserteur, porteur d’un sens encore plus amer depuis les attaques du 7 octobre. À voir absolument.





