Sur une plage la nuit, une aspirante danseuse fête son départ au Canada avec ses amis ados. On boit, on fricote, on ricane, on s’étreint jusqu’au petit jour. La même, récitante, dit en off, d’une voix blanche et pénétrée, des sentences profondes sur la vie par-dessus les images tremblantes ou quelconques. Le cours du récit est interrompu par des répétitions et improvisations – les mêmes jeunes dans leur propre rôle – ou des boucles de scènes déjà vues dont on se serait bien passé. Un metteur en scène les guide, s’extasiant tellement ils sont bons.
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La mise en abyme du vide ne débouche pourtant que sur du vide au carré, et Damien Manivel ne semble pas comprendre qu’il s’est laissé dérailler dans son concept. L’Ile ressemble à un doudou de Mikhaël Hers, qui se serait lui-même avorté pour cause de trop grande culculterie. On peut toutefois sauver le thème musical, touchant et lancinant, signé d’ailleurs de Manivel qui, finalement, ferait bien d’oublier le cinéma pour se concentrer sur le son.
L’ÎLE (1h13), de DAMIEN MANIVEL, avec Rosa Berder, Damoh Ikheteah, Olga Milshtein, en salles le 17 avril.





