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[Cinéma] Making of : intermitents autocentrés

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Publié le

10 janvier 2024

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« Avec sa file de clichés au garde-à-vous et son flou généralisé (ville sans nom, usine indéterminée), Making of ratisse large dans le prémâché. » Notre critique.
© DR

Auteur tout-terrain de la vulgarité ambiante, Cédric Kahn, après son « grand film politique » (l’abject Procès Goldman) enfile un gros nez rouge avec Making of, comédie de tournage aussi poilante qu’un meeting du parti socialiste. Un cinéaste dépressif avec des problèmes de couple tente d’achever un pseudo-film de Stéphane Brizé sur une lutte syndicale d’après nature, mais de méchants coproducteurs essaient de lui imposer un happy end. L’intervention d’un stagiaire idéaliste l’aidera à garder le cap.

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Avec sa file de clichés au garde-à-vous et son flou généralisé (ville sans nom, usine indéterminée), Making of ratisse large dans le prémâché. La grève n’est au fond ici que prétexte à détailler les états d’âme d’intermittents autocentrés, à l’image de l’acteur du film dans le film, méchamment inspiré de Vincent Lindon. Cette soumission du social à sa représentation flatteuse condamne l’ensemble à une douteuse innocuité, le réalisateur – Kahn lui-même ? – figuré in fine comme la mouche du coche.

MAKING OF (1h54), de CÉDRIC KAHN, avec Denis Podalydès, Jonathan Cohen, Stefan Crepon, en salles le 10 janvier.

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