On attendait Hamé et Ekoué, ex-rappeurs au sein du groupe La Rumeur, sur un terrain cinématographique balisé, il n’en est rien : si Rue des Dames comporte bien un personnage de flic ripou mémorable, on est loin du faux brûlot banlieusard à la Athéna. Le duo s’inscrit dans une veine beaucoup plus noble et honnête, qui n’est pas sans rappeler le Pigalle de Karim Dridi: une lettre d’amour à un Paris populaire qui subsiste malgré la gentrification, celui des Batignolles, dans lequel on tente de s’en sortir par tous les moyens – entre petits boulots et combines plus ou moins légales.
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C’est la première qualité de cet authentique film noir : s’attacher à l’esprit des lieux et aux seconds rôles qui gravitent autour de la jeune Mia (Garance Marillier, sublime), employée dans un salon de manucure qui doit composer avec des fréquentations douteuses et une mère- fille plus que distante. Un portrait de femme ultra-convaincant, servi par une approche presque documentaire qui n’oublie pas de ménager quelques beaux moments de mise en scène. On n’en demande pas plus.
RUE DES DAMES (1h37), de HAMÉ ET EKOUÉ, avec Garance Marillier, Sandor Funtek, Babary Ketia, sortie le 13 décembre





