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Corse : Gilles Simeoni demande à Paris un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice !

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Publié le

3 juillet 2021

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Avec plus de 40% des suffrages exprimés lors du second tour des élections territoriales, l’autonomiste et leader de la liste Fà Populu Inseme Gilles Simeoni s’est adjugé 32 des 63 sièges de l’Assemblée de Corse. Une majorité absolue qui lui a permis le 1er juillet d’opérer lors de la session d’installation de la nouvelle mandature le 1er juillet une réorientation du nationalisme pour devenir le grand timonier de la Collectivité de Corse.
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En ce premier jour de juillet, la température est caniculaire à Ajaccio. Le thermomètre politique culmine aussi. Cette campagne des élections territoriales laisse des traces, des regrets et des remords, surtout au sein d’une famille nationaliste qui, plus que majoritaire, est aussi divisée. Si 70% des électeurs corses ont voté pour l’une des trois listes nationalistes présentes au second tour, l’appel au rassemblement lancé par Gilles Simeoni n’a pas été suivi. Mais le souhaitait-il ? Au siège de l’Assemblée de Corse, l’ambiance et le ton sont plus sévères. Il revenait au doyen d’âge de présider cette session d’installation. À 76 ans, Jean-Louis Seatelli, avocat bastiais, l’un des plus brillants pénalistes de France et « jeune élu » sur la liste de Laurent Marcangeli recommandait dans sa « plaidoirie » à Gilles Simeoni : « Mon cher Gilles, ta majorité absolue te confère tous les pouvoirs et surtout tous les devoirs. Je sais que tu mesures l’ampleur de ta tâche. Je mène un combat pour la justice. Il n’y a pas pire injustice que de ne pouvoir travailler, trouver un logement, manger à sa faim. La seule émancipation que je connaisse est celle apportée par le travail qui nous rend plus libres et plus autonomes. Si nous n’arrivons pas à enrayer ce fléau, je crains que notre beau soleil de Corse ne devienne un soleil noir. Il faut discuter tous ensemble avec l’État. Il n’y a plus de place pour la com, l’heure est à l’action ! »

« Ce score électoral massif donne à notre démarche une légitimité incontestable »

Gilles Simeoni

Place ensuite au vote pour la présidence de l’Assemblée de Corse. Et pour la première fois depuis la création de l’entité régionale il y a une quarantaine d’années, c’est une femme, Marie-Antoinette Maupertuis, qui aura l’honneur de diriger les débats du haut d’un perchoir qui a vu se succéder un radical de gauche (Prosper Alfonsi), un RPR (Jean-Paul de Rocca Serra), un libéral (José Rossi), un UMP (Camille de Rocca Serra), un communiste (Dominique Bucchini) et un indépendantiste (Jean-Guy Talamoni)… Seconde sur la liste conduite par Gilles Simeoni, Marie-Antoinette Maupertuis affiche sa fierté et sa joie à l’idée d’occuper cette fonction passionnante. Après six années à la tête de l’Agence du Tourisme de la Corse, cette universitaire respectée doit changer le style d’une présidence qui, sous Jean-Guy Talamoni, avait clairement établi un rapport de forces avec le Conseil Exécutif de Gilles Simeoni, le mini-gouvernement de l’île. Selon Marie-Antoinette Maupertuis : « L’essentiel, dans ce mandat que vous me confiez, cest le pouvoir qu’un président ou quune présidente peut déployer pour faire de cet hémicycle le lieu de la représentation démocratique du peuple corse, le réceptacle mais aussi la caisse de résonance de ses aspirations profondes. La question nest pas de savoir sil vaut mieux quun homme ou une femme préside cette assemblée. L’important est que nous soyons chacun dentre nous à la hauteur des mandats qui nous ont été ou qui nous seront donnés ».

Après une longue interruption de séance, les élus sont ensuite passés au vote pour la présidence du Conseil Exécutif. Pas de surprise là encore avec l’élection dès le premier tour de Gilles Simeoni. La droite de Laurent Marcangeli et le PNC de Jean-Christophe Angelini font la moue mais le résultat est le même. Le Président de l’Exécutif propose ensuite sa liste de conseillers qui l’assisteront par délégation pour diriger les offices et agences de la Collectivité de Corse. Stratégiquement, c’est un Conseil Exécutif placés sous le sceau du travail qui sera à l’œuvre : pour la première fois, davantage d’experts que d’élus en son sein,  comme l’économiste Alexandre Vinciguerra, le spécialiste en économie sociale et solidaire Gilles Giovannangeli, l’ingénieur des ponts et chaussées Flora Mattei ou encore l’agriculteur Dominique Livrelli et l’urbaniste Antonia Luciani. 

Lire aussi : Corse : victoire sans appel de Gilles Simeoni lors du premier tour

Président réélu, Gilles Simeoni précise le cap de la nouvelle mandature : « Ce score électoral massif donne à notre démarche une légitimité incontestable. Elle crée aussi beaucoup plus de devoirs que de droits. Notre responsabilité commune est immense. Un peuple corse qui a besoin de sens, une jeunesse qui demande à être rassurée sur son avenir, des mécanismes puissants qui menacent notre société, spéculation, dépossession, logique de largentNous avons l’impérieuse obligation d’infléchir le cours des choses, nous allons le faire, nous ne souhaitons pas le faire seuls. Il ny a ni ivresse des cimes, ni ivresse du pouvoir, ni volonté de lexercer seul. La majorité entend respecter strictement le mandat porté devant les Corses en termes de valeurs, de projet, de méthode et dobjectifs. Notre politique reste ouverte, nous avons vocation à la construire avec lensemble des nationalistes, le plus vite possible. Il ne peut pas y avoir de rafistolage, de silence et domission sur les questions qui nous divisent, ou daccommodement sur des sujets que nous considérons comme essentiels. Ce nest pas la majorité absolue qui nous a empêché de nous rapprocher au 2e et au 3e tours ! La majorité aurait-elle été relative, la situation aurait été la même ! Nous devons régler les problèmes de fond. Voyons-nous, discutons, nous le devons au peuple corse. Nous devons pouvoir construire des convergences très larges dans tous les domaines, y compris dans le quotidien ».

Autre priorité et non des moindres, celle d’engager un nouveau dialogue avec l’État et de manière très rapide. Presque bonapartiste, Gilles Simeoni souhaite l’obtention d’avancées avec l’État en l’espace de 100 jours : « Ces échanges seront décisifs et se cristalliseront dici plusieurs mois. La situation actuelle nest pas digne du grand État démocratique que la France revendique d’être. Que demandons-nous ? Des choses insensées, excessives ? Nous demandons le droit, la justice, l’équité ! Un statut dautonomie de plein droit et de plein exercice, ce nest pas l’indépendance ! Comment lÉtat pourrait-il continuer à refuser douvrir une négociation sérieuse qui respecte la question corse dans toutes ces dimensions ? Cela doit être fait au plus vite ! De toutes nos larmes, nous avons fait un fleuve deau vive qui sait d’où il vient et où il va. Il va plus calme, plus serein, plus sûr. Nous savons que ce fleuve soulèvera les digues de linjustice. LÉtat doit comprendre que nous ne faiblirons pas, que nous savons où nous voulons aller. Nous voulons la paix, que nos prisonniers rentrent chez eux et, pour notre jeunesse, un avenir d’espérance. Oui ! Nous sommes un peuple debout et éveillé, et nous voulons un avenir de paix et de fraternité ».

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