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Danemark : les libéraux contre les migrants

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Publié le

9 mai 2022

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Alors que la Suède subit de violentes émeutes dues à l’immigration, le Danemark contraste efficacement avec une politique migratoire dure et identitaire.
Mette

Le 27 avril, le Danemark a annoncé avoir passé un accord permettant au pays de transférer au Kosovo 300 détenus issus de l’immigration. 15 millions d’euros pour un signal clair : une politique migratoire de plus en plus ferme dans une social-démocratie qui se distingue en la matière.

En 2019, la jeune Mette Fredericksen issue de la gauche radicale accède au poste de Premier ministre du Danemark. Une sociale-démocrate comme on en voit partout en Europe du Nord. Pourtant, elle a très rapidement mis en place une politique très ferme de lutte contre l’immigration, voulant faire du Danemark un pays « sans demandeurs d’asile ».« Normalement, je cherche des compromis, mais pas sur l’immigration » avait-elle déclaré.  « Les politiques économiques et étrangères de l’Europe ont été trop libérales. Nous avons échoué à maintenir un contrat social, qui est au fondement de notre modèle social social-démocrate. » Elle a ainsi diminué le nombre de titres de séjours accordés, qui culminait à 11 000 en 2015. Seulement 1 600 migrants ont déposé une demande pour rentrer dans le pays sur l’année 2020 et 600 ont été acceptés. En sus de ces idées, elle a mis en place la préférence nationale avec la « loi anti-ghetto » qui limitait à 50% la population étrangère dans les logements sociaux. Mette Fredericksen a fait passer ce taux à 30% à la fin de l’année 2021.

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Le pays a par ailleurs choisi de renvoyer les réfugiés syriens qu’elle avait accueillis en 2015 au vu de l’amélioration de la situation dans ce pays où la guerre civile semble s’être éteinte. Mais ce n’est pas tout : plus récemment, le pays a commencé à négocier avec des pays africains pour qu’ils accueillent les demandeurs d’asile non-occidentaux à leur place, moyennant des financements. Le Royaume-Uni a d’ailleurs passé le mois dernier un accord semblable : le Rwanda pourrait accueillir des dizaines de milliers de migrants depuis le sol anglais. Si le Danemark applique effectivement cette idée, il risque d’avoir sur le dos la moitié des ONG du continent, mais moins de migrants.

La social-démocratie contre l’immigration

Mais pourquoi une sociale-démocrate issue de la gauche dure a-t-elle une politique aussi ferme sur l’immigration ? Principalement pour des raisons sociales. Ne voulant pas que le prix de la tolérance et de l’ouverture soit « payé par les classes populaires », Mette Fredericksen ferme les vannes. Le pays étant doté d’un État-providence très généreux, il préfère accueillir peu mais bien les nouveaux arrivants. On trouvera difficilement une logique civilisationnelle zemmourienne dans le discours du Premier ministre.

« Nous devons nous assurer que peu de gens viennent dans notre pays, sinon notre cohésion sociale ne peut prévaloir »

Mette Fredericksen

Pourtant, le Danemark a indubitablement un modèle assimilationniste. S’adapter aux coutumes, éviter le communautarisme et la ségrégation semblent être les mots d’ordre de la gestion de l’immigration dans le pays.« Nous devons nous assurer que peu de gens viennent dans notre pays, sinon notre cohésion sociale ne peut prévaloir » avait-elle déclaré. Une préservation identitaire se met en place depuis vingt ans, couplée à un libéralisme économique. Le contraste avec son voisin suédois est saisissant : la Suède qui se vantait de la générosité de son modèle migratoire subit actuellement une flambée de la délinquance et de la criminalité. L’ « intégration » a d’ailleurs récemment conduit à quinze jours de violentes émeutes dans le pays.

C’est donc pour des raisons pratiques de tranquillité et de marginalisation des immigrés, le Danemark a pris dans les années 2000 un tournant anti-migratoire que gauche et droite suivent à la lettre. Un faible taux de délinquance et une prospérité économique : voilà ce qui guide le royaume au carrefour de l’Europe du Nord. Le règne des éoliennes, de l’écologie et du libre-échange n’y feront rien. Et traite-t-on les Danois d’ignobles xénophobes fermés à tout ? Un exemple à suivre.

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