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Des ailes et des helvètes

Le choix fait par le Conseil Fédéral, du aet des batteries de MIM-104 Patriot, le 30 juin, a surpris en Europe et surtout en France, qui entendait vendre son Rafale. Cette décision, aux allures d’alignement atlantique, semble en effet être en contradiction avec la politique de neutralité de la Confédération helvétique. En plus de constituer un non-sens doctrinal et opérationnel pour l’armée suisse.

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© F-35 Lightning II / Lawrence Hookham – Unsplash

Ce qui surprend le plus dans le choix du F-35 (et du Patriot) n’est pas tant que la Suisse n’ait pas choisi la France, mais qu’elle ait à ce point cédé au lobbying américain. En effet, les États-Unis sont connus pour les contraintes politiques voire opérationnelles très importantes qu’ils imposent dans leurs transferts d’armements : dès lors, tout achat sur étagère de capacités américaines implique un alignement sur la politique atlantiste. À plus forte raison quand les acquisitions représentent un système de défense aérienne livré quasi-clé en main, c’est-à-dire impliquant une capacité stratégique lourde.

Les conditions françaises étaient, de facto, nettement plus souples, même si, naturellement, toute transaction de ce type implique un partenariat resserré. Un partenariat qui d’ailleurs existe déjà entre la France et la Suisse, qui collaborent sur l’évaluation de la situation tactique et la sécurisation de l’espace aérien helvétique. Comme le rappelle le groupe de réflexion Mars, c’est la France qui avait mis en place, en soutien à l’armée suisse, une zone d’exclusion aérienne dans le cadre de la visite du président Biden : une situation quelque peu ironique compte tenu du lobbying de ce dernier en faveur du F-35 lors de sa venue.

On mesure mieux le ressentiment de la France qui se voit clairement flouée dans cette affaire malgré sa proximité militaire, linguistique et culturelle avec la Suisse

Il paraissait naturel pour la Suisse de tabler sur une alliance militaire avec ses voisins européens et on mesure mieux le ressentiment de la France qui se voit clairement flouée dans cette affaire malgré sa proximité militaire, linguistique et culturelle avec la Suisse. La France qui pourtant a passé commande, quelques jours plus tard, via la Direction Générale de l’Armement, de neuf avions d’entraînement PC-21 au constructeur helvétique Pilatus… Un signe de faiblesse au moment où l’État aurait dû, au contraire, suspendre cette transaction voire reconsidérer les modalités de son partenariat de défense avec la Suisse. [...]

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