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Élections, piège à Macron

Le président Emmanuel Macron a tenté de nationaliser le débat des régionales et de forcer un duel pré-présidentiel entre le RN et LREM. Une stratégie qui a échoué et qui pourrait bien avoir des conséquences profondes sur la démocratie française.

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Les élections régionales sont en train de se refermer comme un piège sur notre démocratie. Le président de la République a opté pour une stratégie hasardeuse en s’appuyant sur la faiblesse structurelle des collectivités territoriales françaises. Emmanuel Macron connaît parfaitement le manque d’implantation locale de La République en Marche. Aussi, il craignait un désaveu cinglant le mettant en difficulté à un an du scrutin présidentiel. Ne pouvant se permettre une débâcle, il a tenté d’enjamber la difficulté d’une part en s’efforçant de nationaliser le suffrage, d’autre part en comptant sur un fort résultat du Rassemblement national. L’idée était d’imposer d’ores et déjà un match à deux entre lui-même et Marine Le Pen, réduisant les autres forces politiques au rôle de spectateurs ou de petits supplétifs.

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Pourtant, le résultat tourne à bien autre chose. Les conseils régionaux disposent de prérogatives tellement faibles et confuses que le vote n’intéresse personne, hormis les clientèles électorales patiemment constituées par nos dirigeants locaux à grand coups de subventions ou de créations d’emplois dans les administrations et structures parapubliques qu’ils contrôlent. Les rares sujets techniques sur lesquels ils disposent de quelques prérogatives sont tellement émiettés qu’ils ne permettent aucun choix clair. À l’opposé, la machine à mobiliser l’électorat au nom de grands débats nationaux, tels que ceux sur la sécurité ou l’immigration, n’a pas fonctionné car personne n’a été dupe de l’opération. Les régions ne servent à quasiment rien et certainement pas à arrêter les délinquants ou à contrôler les frontières. Il aurait fallu donner un autre souffle à la campagne, une autre envergure aux discours ainsi qu’aux acteurs descendus dans l’arène, ministres ou non, pour transcender l’élection. Or tout est demeuré étriqué. Cinq membres du gouvernement envoyés par ici, quelques autres par-là, n’y ont rien changé, bien au contraire. [...]

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