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Enquête : Benoît Hamon et les « entrepreneurs sociaux »

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Publié le

14 septembre 2021

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La semaine dernière, Benoît Hamon annonçait quitter la vie politique française pour prendre la direction de Singa, une association qui travaille à l’intégration des immigrés. Qu’est ce que cette association et quel rôle y jouera l’ancien ministre ? Enquête.
Hamon

Guillaume Capelle, Nathanaël Molle et Alice Barbe ont chacun 34 ans. En 2012, jeunes actifs, ils ont créé l’association Singa. Ce mot provient d’un dialecte congolais. Singa a pour objectif de faciliter l’intégration des immigrés en les aidant à monter leur entreprise ou à développer des projets. Pour cela, Singa apporte un soutien technique et relationnel. Un Afghan débarqué à Montpellier et qui voudra ouvrir une pizzeria se verra offrir une formation au droit, on lui apprendra à gérer une entreprise, il sera présenté à des financeurs ou à des fournisseurs, etc.

Ce projet entrepreneurial commence naturellement par l’accueil de l’étranger. Singa a donc monté un programme qui permet à des particuliers d’accueillir chez eux un migrant. Pour accomplir son œuvre, Singa s’est implanté localement. Aujourd’hui Singa est présent dans vingt villes de dix pays, où l’association a notamment déployé dix-huit incubateurs. Aussitôt, le succès est là. Les fondateurs sont récompensés par une pluie de médailles et titres honorifiques. Enfin, jeudi 8 septembre, Benoît Hamon faisait savoir dans une interview donnée au journal Le Monde, qu’il quittait la politique pour devenir directeur général de Singa « afin d’accélérer le changement d’échelle de l’association en Europe et Amérique du Nord ». Pour savoir ce à quoi il faut s’attendre, il faut lire l’histoire avec les yeux du réel.

Lire aussi : Enquête : les États-Unis recommencent à financer les Talibans

Les fondateurs de Singa sont qualifiés d’« entrepreneurs sociaux ». Ces trois jeunes gens, qui n’avaient jamais été que salariés d’organisations non-gouvernementales, lesquelles n’ont pas besoin de clients, ont lancé un projet sans supporter de risque personnel. Or c’est précisément la marque distinctive d’un entrepreneur, qui joue avec son argent. Les honneurs qu’ils ont reçus proviennent tous d’organisations de gauche ou ultralibérales : fondation Obama, Forbes, Ted, etc.

Jusqu’en 2020, le budget de Singa était de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros. En 2015, il était par exemple de 300 000 euros. Évidemment, 77% du financement était public, dont la moitié en numéraire et le reste en nature. 40% du financement était apporté par des fondations de très grandes entreprises (SNCF, BNP Paribas, Rothschild, etc.). Seul 10% du budget provenait de dons privés. C’est dire l’assise populaire. La quasi-totalité de l’argent public émanait soit de la fondation « La France s’engage » créée par François Hollande en 2014, soit des collectivités locales chez qui Singa s’implantait. Évidemment, elles étaient toutes de gauche : Paris, Grenoble, Nantes, etc.

Mais, le 26 janvier 2021, le monde a changé. La fondation de la banque Generali a décidé d’injecter beaucoup d’argent dans Singa. Generali, c’est un monstre qui réalise un chiffre d’affaire de 70,7 milliards d’euros et emploie 72 000 personnes (dont 12,7 Mds€ de chiffre d’affaire et 9 000 employés en France).

Des hauts fonctionnaires et des financiers ont payé Singa pour qu’elle s’offre un carnet d’adresse ministériel et une voix médiatique (Hamon), ainsi qu’un cerveau capable de s’en servir proprement (Jailani) afin de faire les poches de toutes les autorités publiques

La banque a vu les choses en grand. Grâce à son aide, le budget de Singa a grimpé à 3 millions d’euros annuels. Grâce à son soutien, Singa a créé une entité appelée Singa Global, pour s’installer « dans cinq villes en France et en Allemagne ». Pour ce programme, Singa est priée de s’allier avec d’autres entités, comme France Active (une fondation « d’entrepreneurs engagés », dirigée par des hauts fonctionnaires), la Direction de l’intégration et de l’accès à la nationalité du ministère des Affaires étrangères, la Fondation Schöpflin (qui finance l’ingénierie sociale réalisée par des ONG), la Fondation AG2R (liée à la mutuelle du même nom) et la banque Société générale. En même temps que Benoît Hamon, Singa a engagé Fatemeh Jailani, une lobbyiste, afin de s’occuper des opérations.

En résumé, des hauts fonctionnaires et des financiers ont payé Singa pour qu’elle s’offre un carnet d’adresse ministériel et une voix médiatique (Hamon), ainsi qu’un cerveau capable de s’en servir proprement (Jailani), afin de faire les poches de toutes les autorités publiques locales, nationales et européennes, au bénéfice exclusif de la création d’un appel d’air pour les immigrés.

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