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Enquête : le dernier procès de Bernard Tapie

Le 24 novembre, deux mois après la mort de l’homme d’affaires, la cour d’appel de Paris a rendu un verdict dans l’affaire de l’arbitrage Bernard Tapie - Crédit lyonnais, qui datait de 2008. De quoi s’agissait-il ? Enquête.

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© Capture d'écran YouTube

Dans les années 80, des gens reprenaient des entreprises en difficulté. Pour cela, ils se rendaient dans les tribunaux de commerce et les convainquaient de leur capacité à relancer l’activité. Les banques prêtaient de quoi racheter les cibles. Puis les raiders – c’était leur nom – vendaient les sociétés par appartement, remboursaient leurs banques et partaient avec une plus-value. À ce jeu, Tapie a brillé. Par exemple, il a racheté l’entreprise Terraillon pour un franc symbolique en 1981, et l’a revendue 125 millions en 1986. Mais surtout, il n’a jamais perdu une compétition devant un tribunal de commerce. Il est sans doute le seul en France dans ce milieu particulier que sont les tribunaux consulaires. Pour rappel, il n’y a eu qu’un seul député assassiné en France, et il s’agissait de Yann Piat, en 1994, qui justement s’attaquait à la corruption politico-économique, d’abord présente dans des tribunaux de commerce.

Bref, à la fin des années 80, Bernard Tapie a bâti une fortune de plusieurs centaines de millions de francs gagnés grâce à ses soutiens dans les banques et les tribunaux tenus par des privés. Il est célèbre. Son équipe cycliste La Vie Claire a gagné trois fois le Tour de France. En 1986, il a racheté l’Olympique de Marseille. Après avoir « épaté » le président Mitterrand, il a été élu député en 1989.

C’est le moment où il rachète Adidas. En juillet 1990, il monte à 80% au capital, pour 243,9 millions d'euros, soit 1,6 milliard de francs. Cette opération est financée en totalité par un prêt consenti par un pool bancaire, dont 30 % par une filiale du Crédit lyonnais. Les prêts sont remboursables en deux échéances, à hauteur de 91,5 millions d'euros, soit 600 millions de francs en 1991, et de 152,4 millions d'euros, c'est-à-dire un milliard de francs, en 1992. Il parvient à rembourser la première échéance mais pas la deuxième. Il doit trouver un milliard de francs. Mais il est ministre de la Ville et le Crédit lyonnais est une banque publique. Ses dirigeants sont nommés par ou avec l’aval de représentants de l’État. [...]

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