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Enquête : Memorial, ou quand la Russie dissout des ONG

Mercredi 29 décembre, un tribunal moscovite a annoncé la dissolution de l’organisation non gouvernementale russe Memorial. L’Occident s’époumone contre un « coup effrayant » porté contre la liberté d’expression. Est-ce bien le cas ? Enquête.

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Au début des années 2010, l’État russe a noté qu’il hébergeait sur son sol des personnes physiques ou morales possédant de l’influence, recevant des financements américains, européens ou chinois, et passant leur temps à le critiquer. Il a décidé de faire le ménage. En 2012, la loi sur les « agents de l'étranger » est adoptée. Elle obligeait les organisations recevant un financement de l'étranger à s'enregistrer en tant que telles auprès du ministère de la Justice et à le signaler par ce terme sur leurs publications. Après quoi la Justice russe a entamé la purge. En 2015, la fondation Open Society de Georges Soros, qui vise à dissoudre les nations du monde, est expulsée de Russie. En quelques années, les Russes ont expulsé de leur sol les fondations américaines ou allemandes devenues hors de contrôle. Ne cherchez pas un Peta russe. N’imaginez pas que les fondations Ford ou Rockefeller agissent sur place, ou que SOS Méditerranée ait jamais essayé de débarquer des migrants en Crimée.

Rappelons qu’en France, en 2016, les candidats François Fillon et Marine Le Pen proposaient d’étendre l’incrimination pénale « d’intelligence avec une puissance étrangère » (art. 411-4 du Code pénal) au terrorisme islamique. Valérie Pécresse l’a également proposé en 2018. Depuis 1984, et l’abrogation de l’ancien code militaire par le Garde des sceaux Robert Badinter, la trahison de la France est intégrée au code pénal. Jusqu’alors, quiconque « entret[enait] des intelligences avec l’ennemi dans le but de favoriser ses entreprises » était passible « de mort, avec dégradation militaire ». Depuis, la peine a été ramenée à trente ans de détention criminelle et 450 000 euros d’amende (article 411-4 et 411-5 du code pénal). Elle s’applique aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre et, jusqu’à aujourd’hui, uniquement aux cas d’espionnage. Sauf que, depuis 1994, les intérêts fondamentaux de la nation ne concernent plus seulement notre défense ou l’intégrité du territoire de notre nation, mais aussi « la sauvegarde de sa population en France et à l'étranger, de l'équilibre de son milieu naturel et de son environnement et des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique et de son patrimoine culturel ». Donc, techniquement parlant, la France pourrait tout aussi bien frapper les ONG qui déstabilisent notre population ou veulent nuire à notre culture. Mais revenons à la Russie. [...]

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