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Eric Didio, donneur universel

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Publié le

11 janvier 2020

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Un curé sautant en parachute, des collégiens tout sourire en uniformes ou des bonnes sœurs faisant une chorégraphie : difficile pour qui a fréquenté un minimum la cathosphère ces dernières années d’échapper aux campagnes d’appel aux dons de Credofunding, le site de financement participatif de projets chrétiens fondés par Éric Didio.

 

 

Rien ne destinait ce fils, frère et beau-frère d’officiers à travailler dans la finance. Brution, président de l’escadron du Prytanée, c’est vers Coëtquidan, puis les parachutistes qu’il envisageait son avenir. Las, la dure loi des concours l’orientera finalement vers Audencia, l’école de commerce de Nantes. Là où d’autres auraient pu se laisser abattre, Éric rebondit, découvre un monde qui lui était totalement inconnu et décide d’en tirer le meilleur parti. Naturellement porté sur l’ordre, la rigueur et toutes les valeurs affectées à la vie militaire, il démarre sa carrière dans l’audit, avant de rejoindre le monde bancaire à Lyon, non sans avoir pris le temps de rencontrer et d’épouser Servane.

Puisqu’il faut choisir entre servir Dieu ou servir l’argent, il va faire en sorte que l’argent serve Dieu.

Leur couple devient famille en accueillant deux garçons, et c’est bientôt la question du sens qui revient tarauder Éric. Quand on a grandi dans un monde où le service et le don de soi ne sont pas des vains mots, les crédits immobiliers font difficilement figure d’horizon indépassable : on ne peut servir deux maîtres, et ce catholique pratiquant a fait son choix. Puisqu’il faut choisir entre servir Dieu ou servir l’argent, il va faire en sorte que l’argent serve Dieu.

L’émergence des réseaux sociaux, et l’exemple des plates-formes de financement participatives généralistes combinées avec sa très bonne connaissance des mécanismes financiers et leur investissement dans l’écosystème catholique font mouche : les ingrédients sont réunis pour lancer sa propre plate-forme en 2014.

C’est avec le soutien de sa femme Servane, qui a mis entre parenthèses sa carrière dans l’aide aux personnes âgées pour l’accompagner, qu’Éric commence à mettre en place ce qui deviendra Credofunding. Par ses engagements associatifs, il sait que de nombreux projets religieux ne vivent que grâce aux dons et que la mise en relations entre les porteurs de projets et les donateurs est tout sauf évidente. L’émergence des réseaux sociaux, et l’exemple des plates-formes de financement participatives généralistes combinées avec sa très bonne connaissance des mécanismes financiers et leur investissement dans l’écosystème catholique font mouche : les ingrédients sont réunis pour lancer sa propre plate-forme en 2014.

Le démarrage se passe en douceur. Très vite les premiers projets affluent : communautés religieuses, établissements scolaires, paroisses, etc., tous voient vite l’intérêt d’aller présenter leurs besoins de financement auprès d’une cible de donateurs identifiée, et les internautes peuvent de leur côté pouvoir donner, mais aussi partager et faire découvrir les projets qu’ils ont contribué à financer grâce à la viralité d’internet.

 

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Les dons affluent, et rapidement le premier million d’euro est levé. Mais les Didio voient plus loin : si les Français sont généreux, les volumes de dons sont par essence limités. Pour se développer, le relai de croissance de Credofunding est tout trouvé : ce sera le prêt. Sur le modèle obligataire, les porteurs de projets proposeront un remboursement des sommes prêtées à une échéance fixée, avec un intérêt. Pour ces derniers, ce mécanisme permet de sortir de la dépendance au monde bancaire, et pour les prêteurs, une allocation de leur épargne vers des projets porteurs de sens. Et pour Credofunding, c’est la possibilité de travailler sur des volumes nettement plus conséquents. Avec deux gros défis à l’horizon.

Le premier est technique?: on ne s’improvise pas organisme de prêt, et Éric va batailler de longs mois auprès des organismes de tutelles pour obtenir les accréditations nécessaires. Un chemin de croix auquel il était préparé par son passé de banquier, lequel l’a aidé à monter ces dossiers en parallèle du développement de Credofunding, bien aidé par Servane et par les premiers salariés de la structure.

Dieu merci, les 7 millions d’euros récoltés depuis la création du site sont la meilleure réponse : des centaines de projets chrétiens n’auraient pas vu le jour sans Credofunding.

Le second est plutôt d’ordre culturel : le rapport des catholiques à l’argent n’a jamais été très évident. Or Credofunding n’est pas une œuvre sociale et a vocation à dégager des bénéfices. L’entreprise ponctionne ainsi une partie des dons récoltés sur le modèle des grandes plates-formes de financement participatif, pour couvrir ses frais de structure et se rémunérer. L’idée a pu heurter certains donateurs et Éric a dû faire preuve de pédagogie pour expliquer le concept de juste rémunération, en lien avec un service fourni. Dieu merci, les 7 millions d’euros récoltés depuis la création du site sont la meilleure réponse : des centaines de projets chrétiens n’auraient pas vu le jour sans Credofunding.

S’il n’aura pas servi sous les drapeaux, c’est par son courage entrepreneurial qu’il aura donné vie à la devise de Credofunding : « Pour que l’argent reste un serviteur ». Au combat, et en première ligne !

André Larreguy

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