À l’heure du « réveil des identités », la définition et l’utilité de la nation sont au cœur du débat actuel. Ce sont les questions que tentent de trancher Bernard Bourdin et Philippe d’Iribarne. Entre l’universalisme déraciné et le nationalisme belliqueux, il y a une troisième voie à ébaucher. En retraçant un historique du concept de nation du Saint-Empire à l’époque post-moderne, en passant par Hobbes et Renan, on comprend la pertinence de la conception française de la nation : un équilibre parfait entre universel et patriotisme.
À l’inverse, les droits de l’homme ne portent pas les valeurs du pays qui les promeut. Universels, ils sont comme une nouvelle spiritualité qui fait du citoyen un individu. Dès lors, ils dévient inévitablement vers la défense des minorités et donc à la fin de la nation comme corps commun. Ce multiculturalisme se confronte alors aux « impasses d’un monde post-national » qui, en voulant le Bien, fait souvent le pire. Le nationalisme est quant à lui vite expédié : les auteurs y font référence comme vecteur de guerre et de xénophobie, mais l’analyse s’arrête là. La nation devient alors un « lieu de pardon » qui permet aux différents États de dépasser leurs inimitiés passées pour avancer en toute sainteté et souveraineté chrétiennes vers un avenir national.

Artège, 120 p., 11,90 €





