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Eugénie Bastié, au nom des idées

Après deux essais sur les ravages du néo-féminisme, la journaliste du Figaro livre avec La Guerre des idées (Robert Laffont) une grande enquête sur les différents courants intellectuels qui animent la France.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Avec La Guerre des idées (Robert Laffont), Eugénie Bastié change de style. Après un premier essai remarqué, Adieu Mademoiselle (Le Cerf, 2016), dans lequel la journaliste pourfendait avec l’enthousiasme d’un jeune mousquetaire les mauvais rêves des hystéro-féministes, elle proposait deux ans plus tard avec Le Porc Émissaire (Le Cerf, 2018) la plus fine analyse du mouvement #MeToo, doublée d’un éloge de la virilité à regaillardir un eunuque. C’est la Gascogne qui coule dans ses veines. Pas question de rester planquée dans un bureau, même au Figaro. Elle aime monter en première ligne Eugénie, ferrailler en infériorité, se faire bombarder de yaourts par des connasses à cheveux bleus, tomber parfois mais triompher souvent. Dans sa ligne de mire ? Les déconstructeurs. Sur Twitter, sur un plateau TV, dans une conférence-débat ou dans les pages de son quotidien, elle affine sa lame, questionne les autres intellectuels et enquête sur ces nouveaux purificateurs.

La Guerre des idées se lit comme une longue enquête journalistique, celles qui se font trop rares aujourd’hui, parfaitement charpentée et avec une qualité souvent portée disparue, du style

Son nouveau livre, c’est tout ça et un peu plus même. Avec l’humilité des grands, elle troque son statut d’essayiste pour celui de journaliste et part à la rencontre de ses ainés, de droite comme Chantal Delsol, anciennement de gauche comme Régis Debray ou Alain Finkielkraut, encore de gauche comme l’historien Patrick Boucheron, et d’autres comme Michel Onfray ou Christophe Guilluy qui ne savent plus trop dans quelle étagère se ranger. Les idées, c’est ce qui l’anime. À l’époque d’Hanouna et des youtubeurs qui dégueulassent tout, même ce qu’ils ne comprendront jamais, Eugénie croit en notre époque. Une époque misérable qui sanctifie les cons et admire la laideur, et pourtant nous raconte-t-elle, il se passe quelque chose. Elle nous invite à prendre un peu de hauteur, analysant de son regard vif et de sa plume précise la mécanique des idées qui ne cesse de muter depuis vingt ans. [...]

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