Beaucoup de pays ont leur sport national. En Irlande, c’est même une galaxie dont la fédération, le GAA/CGL, est un État dans l’État. Le Cumann Lúthchleas Gael est, en effet, une organisation culturelle qui regroupe les sports gaéliques (hurling, camogie, football gaélique, handball gaélique, rounders) ainsi que tout ce qui a trait à la culture irlandaise (danse, chant, langue). Juste pour donner un ordre de grandeur: la finale du championnat de football gaélique à Dublin, c’est 82000 spectateurs à Croke Park chaque année.
Le Japon est, quant à lui, connu pour ses arts martiaux emblématiques: sumo, karaté, judo, jiu-jitsu. La Corée du Sud pour le taekwondo, la Thaïlande pour la boxe thaï, les États-Unis pour le football américain et le baseball, l’Angleterre pour le cricket, l’Australie pour le football australien, etc.
Et ces sports sont des putains d’instruments d’influence et de puissance économique!
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Bien sûr, le judo est pratiqué partout mais l’influence japonaise reste prégnante sur ce sport. La boxe thaï est un sport mondial mais les camps d’entraînements installés en Thaïlande drainent chaque année des milliers d’Occidentaux.
Le cricket, on n’en a rien à foutre en France. C’est pourtant le sport national de quantité de pays de l’ancien empire britannique et ça permet à l’autre goofy de Charles III de garder une influence sur des pays de sous- développés comme le Pakistan par exemple.
Je tire ou je pointe ?
Et la France dans tout ça ? Bah, c’est bien simple, il n’y a que le foot. Le rugby éventuellement. Le Tour de France pour les jackys à vélo comme moi. Mais sinon c’est le foot et le PSG. Et les joueurs de foot français maintenant… c’est plus trop Rocheteau et Alain Giresse si vous voyez ce que je veux dire… question « cohésion nationale »?
Quel sport pourrait donc constituer un symbole national? La boxe française? Mouais, pas très glorieux… et puis surtout pas très international power. Genre au Canada, il y a à peine 200 licenciés…
Les Basques sont tellement partout dans le monde qu’une fédération mondiale de pelote existe, composée de vingt-sept pays
La pétanque ? Oui ! 600000 pratiquants dans le monde ! Et des millions de joueurs en claquettes dans les campings! Mais la pétanque est un jeu provençal avant d’être français. Même le nom n’est pas en français (Pè Tanca = « pied fixé au sol comme un pieu » en occitan). Allez, admettons que la discipline s’est totalement « francisée ». Eh bien, au moins avec ça la France a un certain rayonnement international, mais à la sauce Pagnol.
Un sport international : la pelote basque !
Autre sport qu’on peut éventuellement considérer comme « français » : la pelote basque (plusieurs disciplines en vérité). Les Basques sont tellement partout dans le monde qu’une fédération mondiale de pelote existe, composée de vingt-sept pays. Et ce n’est pas bricolo-bricolette ! En Argentine, Cuba, Mexique ou à Miami, ce sont de véritables religions. Dans toute l’Amérique du Sud, il y aurait deux millions de licenciés, sans compter les joueurs non-affiliés.
Cependant dans des pays aussi saugrenus que l’Uruguay ou le Salvador, le soft power de la pelote basque, c’est un soft power basque et non pas français. Faut dire qu’à Paris, le rayonnement international de la chistera, ça n’intéresse personne.
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Sports beaucoup plus confidentiels mais tout aussi enracinés: le Gouren breton (sorte de lutte), la Choule normande (sorte de criquet viking) qui vient d’intégrer une ligue mondiale, le palet breton aux tournois rassemblant des milliers de personnes, la bourle dans le Ch’nord, sorte de pétanque aux 4000 licenciés, la Course landaise, les jeux de force basque, les joutes nautiques dans le Languedoc, la boule de fort le long de la Loire. Bref… Là encore, ce sont des sports régionaux et non pas nationalement français !
La symbolique équipe de « Fronce »
D’ailleurs, la question de ces sports traditionnels passionne si peu les instances sportives parisiennes que le Béhourd, sorte de combat médiéval inspiré des tournois chevaleresques français du XVe siècle, est né en Russie dans les années 90 !
Pourtant le sport est un instrument de « puissance douce » ! Car « l’influence française », les gars, ce n’est pas que le pinard, les vieilles histoires sur Napoléon et les jupes Dior, c’est aussi l’imaginaire sportif.
Or sur ce point, à part le Tour de France quinze jours par an, l’Hexagone n’est représentée que par l’équipe de France de foot aux couleurs si… chamarrées. Et qui donnent désormais une « certaine image de la France » à travers le monde. Vous voyez le problème?





