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« “Femme” n’est pas un costume » : J. K. Rowling répond au mouvement transgenre

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Publié le

31 mars 2023

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Idéologie transgenre, cancel culture, wokisme : victime de procès en sorcellerie, la romancière britannique J.K. Rowling a une nouvelle fois prouvé qu’elle ne reculerait pas dans sa critique du radicalisme transgenre, mouvement qu’elle juge « dangereux ».
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Acclamée par des lecteurs de tout âge et par la critique, J. K. Rowling est réputée pour aborder des idées et des thèmes sérieux avec accessibilité et humour. En 1998, Time Magazine la place en tête de son classement des « 100 Femmes de l’année » et parmi les finalistes des « Personnalités de l’année » en 2007, relevant l’inspiration sociale, morale et politique qu’elle aurait insufflée à ses fans. En France, elle reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 2009. L’année suivante, elle est également nommée « Femme la plus influente de Grande-Bretagne » par les principaux éditeurs de magazines.

Très présente sur les réseaux sociaux, elle prend régulièrement la parole sur des sujets politiques en femme de gauche anti-brexiteuse. Jusque-là tout allait bien. Mais la voilà soudainement effacée de son propre univers et mise de côté lors des festivités et des émissions organisées par Warner Bros pour les vingt ans du premier film Harry Potter. Toute la promotion du jeu vidéo Hogwarts Legacy : l’héritage de Poudlard s’est déroulé sans mention de celle qui a inventé l’école de sorcellerie. « Si vous menacez de retirer aux gens leur gagne-pain, si vous voulez canceller… ce langage de l’effacement, c’est celui de la dictature » juge J. K. Rowling.

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S’exprimant dans le cadre du podcast en sept épisodes Witch Trials (Les procès en sorcellerie), la mère d’Harry Potter a déclaré qu’elle avait essayé d’écouter les activistes transgenres pour mieux comprendre leur point de vue, mais qu’elle en avait finalement conclu : « Tout ce que je peux dire, c’est que j’y ai longuement réfléchi. J’ai écouté, je le promets, l’autre côté. Et je crois, absolument, qu’il y a quelque chose de dangereux dans ce mouvement, et qu’il doit être contesté. » L’écrivain britannique s’est adressé aux trolls qui disent qu’elle a « trahi » les valeurs défendues dans ses livres. « On me dit constamment que j’ai trahi mes propres livres, alors que je maintiens absolument les positions que j’ai prises dans Potter », a dit la grande romancière. « Ce mouvement activiste, dans la forme qu’il prend actuellement, fait écho à ce contre quoi j’avais mis en garde dans Harry Potter. »

Féministes contre transgenres

« Je lutte contre ce que je considère être un mouvement misogyne puissant et insidieux qui, à mon avis, a gagné beaucoup d’argent dans des secteurs très influents de la société. Je ne vois pas ce mouvement en particulier comme étant bénin ou impuissant », a-t-elle poursuivi. À l’été 2020, J.K. Rowling a déclaré que l’idéologie transgenre (qui concerne 0,5% des Britanniques et 0,6% des Français) pourrait mener à l’effacement de la féminité telle que nous la connaissons en niant les fonctions biologiques de base qui différencient les femmes des hommes. « Si le sexe n’est pas réel, il n’y a pas d’attraction du même sexe. Si le sexe n’est pas réel, la réalité vécue par les femmes dans le monde est effacée. Je connais et j’aime les personnes trans, mais l’effacement du concept de sexe enlève à beaucoup la capacité de discuter de façon significative de leur vie. Ce n’est pas la haine de dire la vérité », a-t-elle tweeté.

« Feminazi. Terf. Sorcière. Salope. Les temps changent mais la haine contre les femmes est éternelle »


J. K. Rowling

Cet été-là, on brûle des Harry Potter sur TikTok. La gauche et les militants de la cause LGBT+ s’attaquent à son œuvre. Le fossé s’est creusé entre les activistes féministes, pour qui le fait de naître femme expose les filles et les femmes à un certain nombre de violences, et les activistes de la cause trans. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que le sexe est une construction, que cela n’existe pas », poursuit-elle dans le podcast. Avant de détailler sur Twitter : « Je respecte le droit de chaque personne trans à vivre comme elle le souhaite, je manifesterais avec vous si vous étiez discriminés parce que vous êtes trans, mais en même temps ma vie a été définie par le fait d’être une femme et je ne crois pas que ce soit de la haine que de le dire. »

« Feminazi. Terf. Sorcière. Salope. Les temps changent mais la haine contre les femmes est éternelle » tweetait encore J. K. Rowling à l’été 2020 à ses 14 millions de followers, en réaction à l’avalanche de messages haineux qu’elle reçoit alors. À la suite de sa publication, elle fait face à de graves réactions sur les réseaux sociaux, ce qui a incité les vedettes de Harry Potter, Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint et Eddie Redmayne qui lui doivent tout, à déclarer publiquement leur appui au mouvement trans. Les acteurs Ralph Fiennes (Voldemort) et Robbie Coltrane (Hagrid) ont quant à eux défendu Rowling.

Un féminisme aux résonances très personnelles

J.K. Rowling a écrit le premier tome d’Harry Potter en se cachant de son mari alors qu’ils vivaient au Portugal et qu’elle gagnait sa vie en tant que professeur d’anglais. « Il savait ce que ce manuscrit représentait pour moi, car à un moment il l’a pris et l’a caché. C’était son otage. Quand j’ai été sûre que j’allais le quitter, je me suis mise à amener le manuscrit par bribes au travail tous les jours, je le cachais dans mon placard de la salle des profs, et je photocopiais à chaque fois une petite partie ». Le manuscrit sera publié en 1997 et la saga s’achèvera en 2007.

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Aujourd’hui, Jeanne Rowling qui vit au Royaume-Uni à Édimbourg en Écosse rappelle que l’éditeur lui a suggéré de signer sous des initiales neutres J. K. Rowling, sous prétexte que les enfants répugneraient à lire un livre sur un jeune garçon écrit par une femme. Mais celle qui s’est appelé Jo Rowling et Robert Galbraith sait que l’habit ne fait pas le moine, même si une amie architecte qui me dit sans cesse non sans fierté faire un travail d’homme a conseillé à votre serviteur de publier ses nouvelles sous un pseudo féminin pour toucher un plus large public. Sous prétexte que la mode serait aux écrivains féminins.

Au fur et à mesure que les critiques s’accumulent, la romancière rédige un essai sur ses expériences en tant que survivante d’agression sexuelle et de violence familiale et soutient que le concept selon lequel les hommes deviennent des femmes efface complètement la féminité. Elle a toujours vécu dans la terreur que son ex-mari la retrouve… Ce qui arriva : elle subit une intrusion à son domicile.

C’est dans ce contexte que, devenue l’une des femmes les plus riches du monde, elle commence ses activités de philanthrope et d’activiste pour la cause des femmes battues. En décembre 2022, elle ouvre à Édimbourg un centre pour les femmes victimes de violences sexuelles, Beira’s Place. Tout se passe comme si pour se défendre des menaces des politiques de l’identité minoritaire victimaire, il fallait faire la démonstration qu’on était soi-même une victime. « Il ne suffit pas que les femmes soient des alliées trans », a-t-elle écrit. « Les femmes doivent accepter et admettre qu’il n’y a pas de différence matérielle entre les femmes trans et elles-mêmes. Mais, comme beaucoup de femmes l’ont dit avant moi, femme n’est pas un costume. Femme n’est pas une idée dans la tête d’un homme. »

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