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Fête de la liberté : on moissonne les morts

Les cadavres mitraillés sont à peine refroidis, les familles en deuil à peine dédommagées, le sang nubile et la poisse des humeurs vitrées à peine balayés que déjà le Bataclan se transforme en lupanar funeste pour putains de la République.

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© Gilles Gustine / FTV

Il ne leur a pas fallu longtemps : on sait à quel point nos valeurs séculaires sont solubles dans les cadavres empilés, dans la terreur agglomérée au sol, dans les menstrues d’une histoire qui bégaie. Ce sera donc la « Fête de la Liberté », un concert annoncé en grande pompe sur France 2 et diffusé en prime quelques jours après l’anniversaire de l’attentat du 13 novembre. Pas une cérémonie pour pleurer nos morts, non : une fête pour célébrer nos valeurs au contraire, pour applaudir la liberté à l’intérieur d’un mausolée, à coups de stimuli compassionnels et de chansonnettes miteuses. Une vraie fête de fin d’année d’école communale aux dimensions d’un pays, histoire de rappeler aux Français qu’ils sont le « peuple de la Liberté », au cas où les énucléations de Gilets jaunes le leur auraient fait oublier. La « Fête de la Liberté » : rien qu’à voir ces deux mots ensemble, on tremble : des images de guillotines, de carmagnoles sanglantes, de danses barbares autour de tabernacles crevés nous viennent en tête. Et on n’est pas loin du compte : la maîtresse de cérémonie n’est autre que la lugubre Daphné Burki, qui a fait du chemin depuis ses chroniques bobo-chic au Grand Journal de Canal +. […]

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