Un roman qui se passe dans l’Hollywood des années 20 à 50 : un vieux projet ?
C’est en fait le résultat d’années de fascination et de rencontres, et finalement d’un long entretien avec le journaliste et romancier Dominick Dunne, en 2005.
Est-ce un roman, un recueil de nouvelles, un roman par nouvelles ?
Bien vu : j’avais d’abord intitulé mon livre Simples contes des collines d’Hollywood…
Êtes-vous familier de Los Angeles et des lieux que vous évoquez ?
Je n’ai jamais mis les pieds à L.A. ! Mais un ami qui est né à Santa Monica m’a dit que je m’y retrouvais comme son employée de maison mexicaine, qui ne conduit pas.
Parmi tous les personnages authentiques qu’on croise, dans le livre, lequel vous fascine le plus ?
Ray Bradbury, que j’ai souvent rencontré.
Trois films de l’âge d’or à voir absolument, tournés par les réalisateurs que vous mettez en scène dans le roman ?
Old Dark House, de James Whale ; Foolish Wives, de von Stroheim ; et bien sûr Sunset Boulevard.
Le personnage d’Irvin, chroniqueur mélancolique et mondain, vous a-t-il été inspiré par quelqu’un ?
Non, je me suis seulement projeté en compliquant la situation familiale du pauvre garçon.
Le livre est une sorte de bibliothèque idéale, vu les nombreux ouvrages cités ou possédés par le libraire/narrateur, de Lovecraft à Bret Harte. Est-ce un livre sur le cinéma, ou sur la littérature ?
La littérature a précédé le cinéma et l’a fécondé, même si les premiers producteurs d’Hollywood étaient incultes.
Qui était Carolyn Wells, la « muse critique » d’Irvin ?
C’était une romancière, et surtout la première théoricienne du genre policier.
Parmi tous ces auteurs, lequel rêveriez-vous de faire mieux connaître chez nous ?
Il existe une magie diffuse que je ressens à travers les films et les livres de souvenirs de ceux qui ont vécu là-bas. Je dirais quelqu’un comme l’Anglais Gavin Lambert (1924-2005), scénariste de Inside Daisy Glover.
Question rituelle, par les temps qui courent : comment traversez-vous la crise actuelle ?
Je me réfugie de plus en plus dans mes rêves. Comme disait Roussel, « mon âme est une étrange usine »… à rêves.
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Simples contes des collines d’Hollywood
François Rivière est un adepte des mythologies. Mythologie des grands détectives. Mythologie de l’Angleterre éternelle. Mythologie de l’âge d’or d’Hollywood aujourd’hui, avec ce roman-kaléidoscope où l’on retrouve ses marottes – les histoires de fantômes, les mystery tales et leurs codes, les romanciers anglais et américains du début du XXe siècle – sur fond d’un Los Angeles de légende, le L.A. des studios, du jazz, des scénaristes louches, des réalisateurs mégalos, des actrices fatales à fume-cigarettes et boa… Le roman est construit à partir d’une multitude d’historiettes, rassemblées autour d’un fil conducteur : le personnage d’Irvin Rosa-Fierce, journaliste mondain, chroniqueur mélancolique dont le narrateur, qui l’a connu dans les années 1940, remonte la trace à la manière d’un enquêteur. Ludique en diable, le récit fonctionne comme une sorte de malle aux trésors d’où s’échappent au fil des pages les références propres à faire fonctionner la machine à rêves, H.P. Lovecraft, Boris Karloff, Hedda Hopper, Lon Chaney… Les cinéphiles y retrouveront leurs petits, les amateurs de littérature policière aussi. Moteur, ça tourne.






