Pourquoi avoir créé votre collectif ?
Nous avons créé cette association fin 2020 avec plusieurs jeunes de différentes régions de France et de différents horizons. Notre constat était simple : l’écologie au sens noble du terme était accaparée par les chantres de l’écologie politique. Nous avons donc lancé Action Écologie, qui réunit aujourd’hui des centaines de milliers de sympathisants et plusieurs milliers de donateurs – que je souhaite remercier – à travers la France. Nous sentons au quotidien, et ce depuis le lancement de l’association, un véritable engouement autour d’Action Écologie. Notre ambition est simple, devenir la première association en France, défendant une écologie responsable et ancrée dans nos territoires, indépendante de tout parti politique et de toute subvention publique.
De plus, nous sommes à la croisée entre le laboratoire d’idées, puisque nous publions des études d’experts sur des sujets importants de l’écologie – notre dernière étude porte sur les éoliennes –, et le mouvement d’action puisque nous avons lancé une pétition pour demander l’interdiction de nouveaux projets éoliens en France. Nous souhaitons ainsi incarner une écologie qui part de nos territoires et rassemble tous les Français de bonne volonté.
Nous préférons valoriser le paysan que Greta Thunberg. Le premier incarne pour nous l’enracinement, l’humilité, la sagesse. La seconde incarne plutôt la globalisation, la prétention et l’irresponsabilité
Chez Action Écologie, notre mouvement repose sur quatre piliers fondamentaux : dénoncer et démasquer les impostures écologiques ; transmettre la France que nous aimons ; valoriser les solutions respectueuses de nos paysages et de nos traditions ; et mobiliser les Français soucieux d’une écologie responsable.
Quelle vision de l’écologie portez-vous ?
Pour nous, l’écologie doit viser l’amélioration du cadre de vie des gens. Des fortunes sont souvent dépensées pour des résultats minimes – je pense à la lutte contre les émissions de CO2 – alors que nous croyons qu’il serait bien plus utile de tout faire pour rendre nos villes plus belles et plus agréables à vivre, par exemple en réintroduisant du végétal dans nos villes. La ruralité doit servir de modèle aux villes sur ces sujets-là. Personne n’aime vivre dans un environnement bétonné, marcher sur des trottoirs jonchés de déchets ou encore se baigner dans une mer polluée.
Nous devons agir sur ce qui touche la vie quotidienne et ainsi valoriser les belles initiatives lancées par des Français qui souhaitent préserver l’environnement. Nous préférons valoriser le paysan que Greta Thunberg. Le premier incarne pour nous l’enracinement, l’humilité, la sagesse. La seconde incarne plutôt la globalisation, la prétention et l’irresponsabilité. Nous croyons profondément au génie de l’être humain, y compris pour inventer les solutions techniques afin de résoudre les difficultés temporaires que l’on peut rencontrer.
Que reprochez-vous aux écologistes classiques type Europe Écologie-Les Verts ou Greenpeace ?
S’ils arrivent au sommet de l’État, je crains le pire. Leurs actions sont systématiquement tournées vers la destruction des murs porteurs de la France, des repères de notre civilisation. Les écologistes veulent liquider ce qui nous est cher. Nous, nous sommes fiers d’être français pour notre histoire, notre culture, notre gastronomie mais aussi pour nos paysages, notre architecture et notre art de vivre.
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Comme l’ont aussi montré les dernières élections municipales, l’écologie politique actuelle (celle de Grégory Doucet ou d’Éric Piolle) s’inscrit dans les grandes métropoles françaises. La « catastrophe » serait donc une prise de décision centralisée venant des grands centres urbains décisionnaires vers des campagnes et une ruralité accablées par les leçons de morale, l’écologie punitive et la taxation de plus en plus lourde.
Je crois, pour ma part, qu’il y a différentes conceptions de l’écologie. La crise du coronavirus a fait émerger des débats entre médecins. Beaucoup d’entre nous ont alors compris que la médecine est aussi un champ où les avis se confrontent. Notre souhait est de faire naître le débat sur l’écologie pour que l’on n’entende pas toujours le même son de cloche. Oui, il y a différentes approches de l’écologie et certains ne veulent pas que ce débat s’installe. Ils prétendent que ceux qui n’adhèrent pas à 100 % à leurs discours ne sont pas des écologistes. Il existe une écologie enracinée, de proximité, de bon sens et rurale que nous souhaitons défendre, et une autre hors sol, mondialisée et arrogante que nous voulons combattre.
Vous avez publié récemment un rapport critique sur les éoliennes. Quelles alternatives durables et respectueuses de l’environnement proposez-vous en matière d’énergie ?
Nous avons effectivement publié il y a quelques semaines un rapport d’expert choc sur les éoliennes, que vous pouvez retrouver sur notre site, et lancé une pétition. Il souligne l’arnaque écologique et le gouffre financier que cette énergie éolienne représente. Aujourd’hui, 70 % de notre production électrique vient du nucléaire. Je ne dis pas que l’énergie nucléaire est la panacée mais à ce jour, je ne vois pas d’autre énergie aussi sûre, aussi peu polluante et capable de nous assurer sans coupure l’électricité dont nous avons tous besoin dans notre vie quotidienne.
Pour preuve, l’ancien directeur de Greenpeace Patrick Moore est un défenseur du nucléaire. Militant écologiste engagé contre la pollution des océans et le massacre des phoques et des baleines, il a souvent déploré que ses successeurs fassent de la lutte contre le nucléaire le dogme indiscutable de tout engagement en faveur de l’environnement. Si demain l’énergie nucléaire est remplacée par une source encore moins polluante, nous applaudirons, mais ce n’est vraiment pas d’actualité.





