Quand France Culture promeut Le Piège de l’identité, cela pique ma curiosité d’homme blanc, catholique et hétérosexuel. Bilan : un livre qui malgré ses redites et sa foi progressiste ne manque pas d’intérêt. Les quatre parties du livre sont inégales. La première remonte aux origines intellectuelles du wokisme, appelé synthèse identitaire et souligne le rôle clé de penseurs comme Foucault, Saïd ou Spivak dans la critique des valeurs universelles.
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La deuxième partie explique avec brio comment cette théorie universitaire de niche pour la défense des minorités a gagné, avec une rapidité foudroyante, une influence considérable et délétère. Après une description, souvent ahurissante mais centrée sur les États-Unis, des errements de cette idéologie, la dernière partie se veut une défense, assez élémentaire, du libéralisme universaliste. En conclusion, Mounk appelle à un combat de tous les progressistes libéraux pour vaincre cette idéologie qui pourrait aussi, en filigrane, favoriser le retour du grand méchant Trump. Il tente aussi, sans convaincre, de démontrer que le wokisme n’est pas un avatar du marxisme culturel. Conseil : ne lire que les points clés qui concluent chaque chapitre ; c’est souvent intéressant et toujours suffisant.

LE PIÈGE DE L’IDENTITÉ, YASCHA MOUNK, L’Observatoire, 560 p., 25 €





