Si la question du port du voile dans l’espace public n’est pas nouvelle en France, le débat s’est particulièrement installé dans cette campagne présidentielle avec la croisade d’Éric Zemmour contre l’islamisation de la société. Marine Le Pen s’est également inscrite dans ce combat, laissant toutefois son concurrent essuyer les coups pour elle.
« Je suis pour l’interdiction du voile dans l’espace public » lâche très clairement Marine Le Pen lorsque la question des signes religieux lui est posée. Emmanuel Macron, en bon multiculturaliste (la culture française n’existe pas), annonce lui qu’il veut maintenir la législation en vigueur. Il prononce alors cette terrible phrase : « Vous allez créer la guerre civile si vous faites ça. Ce que vous dites est grave». Et là, c’est le drame. Même Emmanuel Macron avoue sans le dire s’être rendu compte que les musulmans dans les quartiers se soulèveraient contre une telle mesure, et que pour cette seule raison, l’État ne pourrait plus rien en la matière. Ce jeudi 21 avril, un sondage CSA pour CNEWS montrait pourtant que 60% des Français sont favorables à une interdiction du port du voile dans l’espace public.
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On ne comprend plus Macron –mais l’a-t-on jamais compris ? Si le voile, qu’il refuse de nommer en l’appelant par la suite « le foulard » en cherchant à en faire un vêtement comme un autre, preuve ultime de son déni, pourquoi trouver « beau » qu’on puisse le porter tout en étant féministe ? Et s’il a si peu d’importance en réalité, comment est-ce que notre dhimmi de Président, carpette de l’islamisation, peut penser que son interdiction mènerait à la guerre civile ?
Toutes ces questions n’auront probablement jamais de réponse, car c’est par des éléments de langage, comme toujours, qu’il s’en tirerait. Mais au-delà de ces dissonances cognitives habituelles, le président révèle sa peur et surtout, sa mentalité de soumission.
On peut donc tout à fait affirmer que ce n’est pas en raison d’une certaine conception de la France ou de la laïcité qu’Emmanuel Macron défend le port du voile dans l’espace public, mais par pur intérêt électoral
Étymologiquement, l’on pourrait dire qu’Emmanuel Macron s’est islamisé : il s’est soumis. Lorsqu’on relit ce qu’il disait en avril 2018 : « [Le voile] n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays », tout en rappelant qu’il ne voulait pas «faire une loi qui l’interdise dans la rue », la lumière est faite. Par calcul politique, le Président fait preuve d’un manque de courage criant. Il n’est bien entendu pas convaincu que le voile n’a aucune incidence sur la société, ni qu’il est un symbole d’émancipation, puisqu’il le qualifiait d’« insécurisant » et de contraire à nos usages. Simplement, l’interdire lui ferait quitter la ligne progressiste, l’exposerait à des émeutes, et surtout lui ferait perdre l’électorat musulman qui est l’un des grands enjeux de cette entre-deux-tours – 70% d’entre eux ayant voté pour Jean-Luc Mélenchon.
On peut donc tout à fait affirmer que ce n’est pas en raison d’une certaine conception de la France ou de la laïcité qu’Emmanuel Macron défend le port du voile dans l’espace public, mais par pur intérêt électoral, la France et son identité n’ayant pas voix au chapitre. On pourrait sans peine aucune lui accorder le mot de Jacques Chirac : « Je vous surprendrai par ma démagogie ».





