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Jean Borella : Les mots et la gnose

En 1940, Jean fête ses dix ans. Originaire de Nancy, issu d’une famille traditionnelle, anti-communiste et « anti-boches », Jean va, malgré les apparences, connaître une enfance des plus « joyeuses », bien plus riche que celles de nos enfants modernes, plongées dans le virtuel.

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© Sylvain Durain pour L’Incorrect

La guerre qu’il décrit à l’âge où est tout est jeu, ressemble à celle de Carlos de Angulo. Selon Jean, « ce n’était pas si horrible. Le plus marquant c’était surtout le ravitaillement. Mais c’était l’époque de la débrouille, la vie était calme et tranquille. » Il passera tout de même les quinze derniers jours de la guerre enfermé dans la cave avec sa famille, mais « c’était assez amusant pour un enfant ». Cette capacité de détachement laisse tout de même deviner une force de caractère qui ne cessera de grandir au fil des années. Nécessité fait loi : il avait perdu son père aviateur en 1937.

Autre souvenir, celui de son grand-père une hache à la main, guettant un Allemand en fuite devant l’arrivée des « US ». On l’entend derrière la porte, va-t-il entrer, va-t-il partir ? Que faire ? Les secondes durent des heures. L’Allemand repartira avec de l’eau sans combat. La guerre se terminait et la volonté profonde des Français était la paix. « Nous découvrions alors les barres de chocolat, le corned-beef et la joie incroyable de la liberté ». À cette époque et dans cette famille de résistants, on était gaulliste dès l’école primaire, et l’antisémitisme n’avait pas sa place. L’on se sentait « catholique et français », tout simplement. Le néologisme « vivre-ensemble » n’avait pas encore été inventé, parce que le vivre-ensemble n’était pas une fiction mais la réalité. L’immigration restait anecdotique et les autres religions vues comme « l’œuvre du diable ».

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