Paru une première fois chez Seghers en 1973, peu de temps après la mort du cinéaste, l’ouvrage est depuis devenu un classique. Et pour cause. Rares sont les réalisateurs français à avoir autant rayonné mondialement. De Scorsese à John Wood en passant par Tarantino, ils sont nombreux à se dire inspirés par le réalisateur de L’Armée des ombres. Suivant un ordre chronologique, le livre débute avec l’enfance du maître où celui-ci explique par une anecdote savoureuse ce qui lui fait croire « qu’il a un goût très sûr ».
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En progressant film après film, de son premier court-métrage en 1946 à Vingt-quatre heures dans la vie d’un clown au Cercle Rouge en 1970, Jean-Pierre Melville nous dévoile son admiration pour John Huston et Jean Becker, ses secrets de tournage, notamment sur Le Doulos lorsque Jean- Paul Belmondo ne découvre son rôle qu’une fois à l’écran : « Merde alors ! L’indic c’est moi !?! » et ses convictions : « Je suis un arnacho-féodal ». On le (re)découvre complexe, voire même contradictoire, expéditif sur ses confrères : « Raoul Walsh est un pauvre metteur en scène » et Marcel Carné « un bon agent d’exécution », qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense des films des autres comme Johnny Guitar, « une monstruosité », mais surtout passionné par son métier. « J’estime que la disparition du cinéma aura lieu vers l’an 2020 et que, dans cinquante ans environ, il n’y aura plus que la télévision », prophétisait- il. Un génie.

Capprici, 224 p., 22€





