[qodef_dropcaps type= »normal » color= »red » background_color= » »]d[/qodef_dropcaps]éputé UMP de la 1ère circonscription des Alpes-Maritimes après la réélection de Jacques Chirac, Jérôme Rivière a depuis rejoint le Front National. Avocat et chef d’entreprise, il a toujours cherché à établir des passerelles entre les différentes tendances de la droite, en témoigne sa fonction de directeur de la campagne de Libertas en France pour les élections européennes de juin 2009. Il a tenu à réagir à la polémique née de l’entretien accordé par Christophe Billan à L’Incorrect.
Comment jugez-vous la polémique interne aux Républicains, née des suites de l’entretien que nous a accordé Christophe Billan ? Pour rappel, ce dernier, actuel président de Sens Commun, se déclarait prêt à dialoguer avec des personnalités extérieures à son mouvement, notamment avec Marion Maréchal Le Pen.
J’ai de la considération pour l’engagement des militants et sympathisants de cette association, mais je regrette les postures parfois politiciennes de leurs dirigeants. Après que leur Président ait laissé entendre qu’il serait disposé à dialoguer, notamment avec Marion Maréchal Le Pen, le bureau exécutif de Sens Commun semble ne plus assumer cette volonté d’échanger sur des enjeux majeurs pour notre pays avec des personnalités issues du FN, sur un simple coup de sifflet des dirigeants des Républicains, paniqués et sectaires. C’est un repli dogmatique idiot, mais peu surprenant de la part de celui qui après avoir soutenu Fillon a accepté sans ciller ses propos méprisants.
Que pensez-vous du mouvement Sens Commun ?
Sur le papier, je partage de nombreuses convictions avec les centres d’intérêt affichés par Sens Commun, notamment les questions de société et l’attachement à la famille. Mais aussi, la défense l’Etat, la volonté de promouvoir une vision prospective pour notre politique de Défense, ou bien encore en matière d’écologie avec l’idée d’une croissance qui prenne l’homme comme mesure. Mais malheureusement, la réalité est que cette association n’agit pas vraiment comme un « think tank », un lieu de réflexion où pourraient se retrouver celles et ceux qui partagent ces convictions, s’étant progressivement transformé en un outil mis au service des Républicains, dans l’objectif de capter un électorat sincère désabusé par Les Républicains et pas encore convaincu par le FN. Ce n’est qu’un faux-nez de la vieille politique de renoncement qui a conduit la France au bord du précipice où elle se trouve présentement.
Croyez-vous que les Républicains aient des points de convergence avec le Front National ? Et, si oui, lesquels ? Quant aux divergences, les jugez-vous insurmontables ?
Je viens des Républicains, quand cette formation s’appelait encore Union pour un Mouvement Populaire. J’y ai cru. Mais, je dois vous dire que de l’intérieur, j’ai vu notre formation politique capituler sur tous les sujets, se soumettre à la politique des accommodements dits « raisonnables ». Pas à pas, renoncements après renoncements, cela a conduit les élus des Républicains à accepter sans broncher les dogmes de la gauche mondialiste et immigrationniste. Ce parti ne porte plus ni horizon ni espoir pour notre pays, il participe à l’illusion d’une alternance mortifère qui nous gouverne depuis près de quarante ans.
Je crois néanmoins que les électeurs qui placent encore leur espoir dans un vote en faveur des Républicains ont des motivations comparables, sinon proches, de celles qui animent les électeurs du Front National.
Au sein de l’UMP, j’ai milité pour que des accords soient trouvés avec le Front National. Aujourd’hui, je n’ai pas changé. De la même manière, je souhaite que le Front National noue des accords, non pas avec le parti Les Républicains, car je n’attends rien des héritiers et des rentiers du système, mais avec les élus et les militants des Républicains qui connaissent la réalité du pays. Avec eux, nous partageons de très nombreux points communs.
D’ailleurs, posons nous la question suivante : pourquoi, à l’occasion de leur congrès, les dirigeants des Républicains n’interrogent-ils pas leurs adhérents sur l’opportunité ou non de dialoguer avec le Front National ? De quoi peuvent-ils donc avoir peur ?
Au fond, l’électorat de droite, conservateur ou inquiet par les questions dites « identitaires », ne serait-il pas artificiellement divisé par le jeu des partis ?
C’est précisément pur cette raison que nous devons réfléchir au-delà, sinon en dehors, de nos structures partisanes respectives. Quand elle dialogue avec Nicolas Dupont-Aignan, ou qu’elle tend la main à ceux qui veulent réfléchir à l’avenir de la France, Marine Le Pen est dans cette optique.
Au FN je suis à l’aise, nous sommes ouverts aux échanges, à la réflexion. Il est regrettable que les dirigeants des Républicains soient incapables d’en faire autant. Échanger ou réfléchir ensemble ne conduit pas nécessairement à des accords, mais permettrait de sortir des postures.
Peut-on aujourd’hui définir un « bloc de droite » ou un « électorat de droite » quand tant de sujets majeurs, de la souveraineté nationale à la lutte contre le terrorisme, transcendent les clivages traditionnels, et même l’opposition classique entre la droite et la gauche ?
Je le crois. Il existe aujourd’hui un bloc conservateur, attaché à l’identité de la France et à sa souveraineté. Pour des raisons peu glorieuses d’intérêts personnels, de petits calculs politiciens, les dirigeants des Républicains constituent le dernier obstacle à l’émergence de ce bloc comme force très largement majoritaire. La situation s’aggravant, le ridicule des postures d’un Darmanin ou d’un Estrosi qui affichent aujourd’hui un positionnement aux antipodes de celui qui leur a obtenu leurs sièges achèvera de faire exploser Les Républicains. Au terme de ce processus, la partie la plus sincère de ce parti entamera avec nous un dialogue dans l’intérêt du pays.





